Végétarisme et véganisme

Publié le par Yves-André Samère

Je vais peut-être écrire des bêtises, mais ce ne sera pas la première fois, donc je me lance (dans le vide). Il faut que je dise combien je trouve ridicules certaines pratiques à la fois bien-pensantes et outrancières.

Il existe de plus en plus de gens bien intentionnés qui se révoltent à l’idée de faire du mal aux animaux. Là, je suis d’accord, et j’ai dit plusieurs fois combien je trouvais révoltant de consommer du foie gras, ce qui se résume à tuer des oies et des canards après les avoir torturés en leur enfournant de force dans le gosier – cela pendant des semaines – des aliments très énergétiques et déséquilibrés, en quantités énormes : en 45 à 60 secondes, l’animal ingurgite, deux fois par jour, plus de 450 grammes, essentiellement du maïs gorgé d’eau, l’équivalent de ce qui, pour un homme de 70 kilos, représenterait deux fois 7 kilos de pâtes. Cette pratique barbare se ramène à mettre en application la loi du plus fort, et il faut être bien faux-cul pour dire au micro de France Inter, comme je l’ai entendu de la part d’une péronnelle (c’était Isabelle Giordano), qu’elle se fichait de ce qu’on penserait d’elle, mais qu’elle ADORAIT le foie gras. Donc, être végétarien, c’est-à-dire refuser de maltraiter des animaux parce qu’on veut se goinfrer de viande, c’est légitime, et j’approuve totalement. Et, de mon côté, j’ai cessé de manger de la viande. Rappelons à ceux qui n’étaient pas là que cette philosophie ne date pas d’hier, que Pythagore était végétarien, de même, ensuite, qu’Albert Einstein, Léonard de Vinci et Gandhi. Et les premiers végétariens étaient appelés pythagoriciens ! Bref, les végétariens se passent de toute chair animale – et je rappelle que les huîtres dont vous vous êtes gobergés aux deux réveillons récents étaient vivantes lorsque vous les avez avalées ; ça ne vous dégoûte pas  ? En outre, les végétariens ne portent pas de vêtements en peau d’animal, mesdames qui aimez parader en manteau de vison.

Mais, de l’autre côté du fossé, je ne parviens pas à comprendre comment on peut être « végan » (c’est un mot anglais, en fait, vegan), mouvement lancé en 1944 par Donald Watson, suivi de la création en 1948 de la première Vegan Society, aux États-Unis. Et comme là-bas on se livre à tous les excès, les adeptes du véganisme prohibent tout, y compris la consommation du lait et des œufs, parce ce sont des produits d’origine animale. Or c’est stupide : on ne maltraite pas une vache ou une chèvre en la trayant, pas plus qu’on ne torture une poule en ramassant ses œufs, que de toute façon elle pond. En fait, si elle n’est pas traite, une vache souffre (on a vu dans le premier film sur Don Camillo des vaches beuglant de souffrance parce qu’il y avait une grève des agriculteurs qui avaient cessé de les traire, or ce n’était que du cinéma), mais en aucun cas elles n’en mourraient.

Bien, j’ai fini. Ne me jetez pas de pierres !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Il faut surtout comprendre la souffrance animale à travers les conditions d'élevage. En revanche, si les poules pondent effectivement naturellement des œufs, la vache subit quand à elle plusieurs inséminations et veulages (avec veau enlevé à sa naissance) pour provoquer une production de lait qu'on cherche à rendre la plus intensive possible (protéines, sélection des races...) . Apres une moyenne de 3 à 4 veulages, et au bout de 5 ans la vache dont l'espérance de vie se situe autour de 20 ans est abattue.
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Y
Oui, la vache est sans doute une exception. Mais pour les œufs de poule, je ne vois aucune exception.
M
Au diable le végétarisme. Nous sommes des hommes et nous sommes fait pour consommer de la viande. Certes, je comprends aisément les arguments des végétariens mais protéger ou non les animaux ne change pas la nature originelle de l'humain (qui se croit sain et saint en se privant de chair mais évidemment, cela ne flatte que sa vanité). Ce qu'il faut revoir sérieusement, c'est les conditions d'abattage du bétail qui sont inacceptables (ça, ça me fait très mal). Je vais tenter de me faire pardonner en offrant, tôt ou tard, mon corps en pâture aux asticots.
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C
Personnellement, je suis omnivore, par goût, sûrement par culture aussi. Je fais juste attention par bonne conscience éthique de prendre des œufs n°0. La vie d'une poule bio élevée en " plein air " me paraissant plus vivable que celle de la terrible n°3. Je peins en synthétique et ne me pavanerai jamais en vison, sans pour autant sacrifier des chaussures en cuir que je trouve plus hygiéniques et résistantes que du plastique.. On fait ce qu'on peut. Des petites gouttes par -ci par là dans notre monde de consommation au fonctionnement anthropocentré et souvent sans âme.
D
Nous sommes omnivores. Nous pouvons nous alimenter comme bon nous semble. Le principal est de bien choisir ses aliments, ce qui de nos jours est plutôt un casse-tête, si on considère l'industrialisation aussi bien pour les légumes, que pour la viande ou pour la transformation des aliments. <br /> Quant aux abattoirs, mais évidemment certaines pratiques sont ignobles. Dans d'autres pays, par exemple, l'abattage se fait à la ferme ce qui évite un transport traumatisant. Il faudrait parler également des élevages intensifs de poulets, des étables aux 1000 vaches automatisées comme une chaîne d'usine de voitures, etc...<br /> Il y a beaucoup de travail pour assainir tout cela. Quand je pense que l'on dit "traiter humainement les animaux". On a un doute, si l'on considère le traitement, justement, que les hommes leur infligent.
Y
Non. L’individu qui se révolte contre la cruauté envers les animaux ne le fait pas pour flatter sa vanité, et je sais de quoi je parle. Il s’agit de ne pas rester du côté des bourreaux et des sadiques.<br /> <br /> Quant à la phrase «  NOUS SOMMES FAITS pour consommer de la viande », elle sous-entend qu’il y a eu un créateur qui a décidé à notre place pour quoi nous serions « faits ». C’est une absurdité. L’être humain n’est pas un projet.
D
Surtout, il faut savoir raison garder. Par exemple, un enfant en pleine croissance doit pouvoir manger de tout, et notamment de la viande ou du poisson. Pas besoin de le gaver, mais il a besoin d'un équilibre alimentaire, et ces protéines sont indispensables. Une personne convalescente, idem.<br /> Je ne supporte de toute façon pas ces "régimes" qui sont basés avant tout sur une restriction, des interdits, une idéologie qui n'a rien à voir avec le besoin de se nourrir simple et bon.
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D
Oui, mais pas seulement les protéines, le fer également, en plus grande quantité dans la viande. Je crois que les besoins nutritionnels changent selon l'âge, les besoins d'une personne de 15 ans n'ont rien à voir avec ceux d'une personne de soixante. Pour cette dernière, diminuer ou se passer de viande est normal.<br /> Après entrent en compte l'activité physique, la santé, etc...
Y
Des protéines, il y en a ailleurs que dans la viande. Dans les œufs, le lait, les fromages, les yaourts, les légumes secs, les noix, les poix chiches, les haricots rouges, les petits pois, les raisins secs, les amandes, les lentilles, le riz complet. On a le choix.