« Compliqué en termes de financement »

Publié le par Yves-André Samère

Anne Hidalgo, qui fait maire de Paris sans en avoir la capacité, nous a sorti sa version du célèbre « demain on rasera gratis » en annonçant que, dans l’avenir, les transports publics à Paris seront gratuits. Ben voyons. D’abord, comme l’a fait remarquer Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, cette question n’est pas de sa compétence, mais sa réalisation dépend de la patronne de la région Île-de-France, qui n’est pas Anne Hidalgo. Quant à l’avenir de madame Hidalgo, on se doute bien qu’elle ne sera pas réélue aux prochaines élections municipales. Mais passons. Or cette annonce a été commentée sur France Inter par un journaliste qui a dit que ce beau projet serait « compliqué en termes de financement ».

Et revoilà le mot « compliqué », dont j’ai parlé il y a quelques jours, et qui est en passe de servir à tout, afin de remplacer les termes exacts, cher ou irréalisable. Et l’expression que je vise ici se, euh... complique avec l’irritant « en termes de », qui désormais sert à tout et à rien.

Bref, le jargon qu’Orwell avait baptisé « novlangue » gagne du terrain et envahit toute la vie sociale. Youpi ! Bientôt, il faudra une encyclopédie pour comprendre ce que racontent les médias.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

O
Il faudrait une machine grand-frère, qui contrôle ce que dit chaque citoyen.
Chaque terme de novlangue, chaque ineptie non-conforme au dictionnaire - et au bréviaire de conjugaison - serait immédiatement dénoncée - avec rectification (suppression du mot ou de la personne non-conforme).
(Note à ceux qui viendront dans 20 ans : c'est de l'humour. Merci.)
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Y
Avec des types comme Macron (ou Wauquier) à la tête de l’État, on risque de voir ce beau projet, même imaginaire, devenir réalité. Les États-Uniens ont bien élu un cinglé...
C
Ils emploient des mots qui sont empruntés à l'Anglais souvent plus laids et plus longs ; ainsi -impacter-On a, en français :heurer, toucher .etc. J'ai 2 dicos , un peu anciens certes ; pas trouvé impacter. !
;
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Y
« Impacter » a été fustigé par l’Académie française.
Y
Vous faites bien. Je vous signale que le Littré est disponible sur Internet, aussi bien en téléchargement qu’en consultation. On n’a jamais fait mieux.
D
Pourquoi faire simple... Cette contagion si contemporaine pourrit aussi les écrivains. Juste un bout de phrase d'un écrivain : "ce flacon d'un bleu céruléen comme la sphère vespérale". Je croyais qu'on n'osait plus écrire ça depuis au moins trois générations. J'ai compris qu'elle (oui, c'est une femme) parlait d'un flacon d'éther ! Quant à la "sphère vespérale", je suppose qu'elle avait un peu trop respiré le contenu du flacon.
Remarquez, au moins, on est découragés de poursuivre la lecture dès le début !
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Y
Elles ne sont pas les seules, et de loin. Mais Louise Bourgoin a fait le contraire, puisque son véritable prénom est Ariane.
D
Pas d'inculture : c'est son premier roman. Rien que "Violaine", ça sonne un peu comme le "Tristane" de Tristane Banon qui en fait a comme vrai prénom "Marie-Caroline"...
D
C'est de Violaine HUISMAN, et son opus "Fugitive parce que reine" (rien que ça, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille) chez Gallimard. Une énième histoire de mère bipolaire ou simplement tarée, pas approfondi le sujet. Une blogueuse qui ramait pour le lire m'a donné envie d'en savoir un peu plus. Pas déçue !
Y
Je ne supporte pas ce style « fleuri ». Le passage que je préfère chez Sartre, c’est cette phrase dans « Les mots », où il dit à peu près (je n’ai pas le livre sous la main) que vouloir écrire bellement, c’est écrite bêtement. Et quand ces enjoliveurs sévissent dans les radio-télés, ils contaminent des milliers de gens. Voyez comme l’adjectif « incontournable » a tout envahi, alors que rien ne justifie son existence.

Votre auteur, ce n’était pas Gyp, par hasard ?