Retrait hypocrite des petites pièces de monnaie

Publié le par Yves-André Samère

En ce moment, la rumeur court qu’avant peu, les princes qui nous gouvernent vont retirer de la circulation les pièces d’un et deux centimes. Explications que je trouve plus que bidon : on ne les aime pas, elles encombrent nos poches, et elles ne servent à rien, ou presque.

Je rappelle qu’un centime d’euro est l’équivalent de 6,5 centimes de franc, et que, lorsque le franc était notre monnaie légale, personne ne se plaignait de sa valeur minime. Nul, non plus, ne râlait contre sa nuisance envers nos poches. Autrement dit, ce qui valait naguère un centime (de franc) était moins gênant que les 6,5 centimes de franc de la nouvelle monnaie.

Attention : je ne suis pas de ceux qui gémissent contre l’existence même de l’euro. Ce qui me chiffonne – soyons modéré, comme toujours –, c’est l’arrière-pensée gouvernementale sur quoi repose ce kidnapping envisagé de la petite monnaie. En somme, à mon avis, c’est une mauvaise action parmi tant d’autres, commise par ceux que nous avons élus (d’ailleurs mal élus, par 44 % des votants au second tour de l’élection présidentielle). Non, il s’agit surtout de retirer aux plus pauvres une monnaie dont ils ont besoin, et que les divers commerces et services publics s’ingénient à leur barboter.

Vous voulez un exemple ? Voyez ce qui se passe à la Poste. Aujourd’hui, alors que les buralistes refusent de vendre des timbres-poste qui ne leur rapportent rien, la Poste elle-même n’en vend plus, à l’exception des timbres commémoratifs qui n’intéressent que les collectionneurs. Lorsque vous voulez affranchir une lettre, vous voilà obligé de passer par un distributeur automatique, qui ne délivre que des vignettes honteusement médiocres par leur aspect, et pour lesquels on doit payer, soit avec une carte bancaire, soit avec des pièces de monnaie, ce qui permettait de se débarrasser facilement des petites pièces qui nous encombrent. Or, au bureau de poste le plus proche de chez moi, ces distributeurs, non seulement sont très peu nombreux puisqu’il n’en reste qu’un, mais, depuis quelques semaines, les pièces que vous y insérez sont rejetées. Façon grossière quoique insidieuse de nous faire entendre qu’elles sont désormais hors-la-loi.

C’est bien dans la manière hypocrite de ce gouvernement, présidé par un menteur, auquel s’adjoignent des minables incompétents. On retire aux citoyens la possibilité de payer avec de petites pièces, mais on ne le leur dit pas.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Danièle 26/07/2018 11:48

Et peut-être qu'en arrondissant les prix aux 5 centimes supérieurs certains qui vendent de gros volumes feront une belle affaire?

Yves-André Samère 26/07/2018 14:55

C’est probable. J’ai aussi remarqué que, lorsque votre boulangère augmente le prix de la baguette, cette augmentation est au moins de dix centimes d’euros, donc 65 centimes de franc. Exorbitant. Naguère, on n’osait pas. Ces commerçants, de toute évidence, trompent leurs clients en escomptant que 10 sera moins voyant que 65.