Bonnet d’âne
Ce jour, à midi sur France Inter, on a pu entendre une émission sur le thème « Faut-il persister à mettre des notes aux élèves ? ». Parmi les invités admis à blablater sur ce sujet, on avait un ex-bon élève, qui n’avait pas d’avis très tranché, au point que l’auditeur se demandait ce qu’il fichait là. On a compris très vite que, sur la radio nationale, non seulement on remplace les animateurs habituels – mais en vacances – par des amateurs incompétents, mais que, pour recruter les invités, on utilise une méthode infaillible, qui consiste à insérer au hasard, dans les pages de l’annuaire de Paris, une aiguille à coudre, avant d’ouvrir l’annuaire à la page où l’aiguille est tombée.
En effet, l’invité dont je parle, et qui a pris soin, afin de répondre à la question « Avez-vous, en tant qu’élève naguère, reçu des mauvaises notes ? », a répondu que non, jamais il n’en avait reçu. Donc, le contraire d’un cancre.
Oui, mais, voulant qualifier les instituteurs et professeurs qui notaient généreusement, il a dit que ceux-ci étaient « louangeux ». Patatras ! L’ex-bon élève eût mieux fait de consulter un bon dictionnaire avant d’ouvrir la bouche, car ce terme, louangeux, n’existe pas !
Mais peut-être a-t-il voulu se hisser au niveau des intervieweurs de France Inter, tous spécialistes de la bourde radiophonique. C’était très généreux de sa part. Dans ce cas, il aura voulu suivre le bon exemple de ce souverain britannique qui, ayant invité à sa table un invité étranger ne sachant pas à quoi servait les rince-doigts, avait bu le contenu du sien. Aussitôt, et pour ne pas le froisser, toute la tablée en avait fait autant !