L’arnaque officielle du CNC

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, à midi, France Inter avait programmé une émission sur le Centre National du Cinéma (il faut ajouter « et de l’image animée », pour faire plus sérieux). J’ai aussitôt éteint ma radio, car je n’ai que mépris pour cet organisme qui, non seulement ne sert à rien, mais aussi entretient la fausse réputation de la France en finançant à perte des centaines de films chaque année ; ce dont tous les ministres de la Culture se sont vantés. Il y a quelques années, on sortait deux cents films français par an, mais, à présent, on se vante d’en sortir trois cents ! C’est ridicule, car on se félicite de pratiquer le gaspillage et l’inefficacité, dont on devrait plutôt avoir honte.

Le CNC, j’ai eu affaire à lui, quelques années plus tôt. Je lui avais écrit pour critiquer un fait bien connu : qu’il a publié un texte officiel rendant théoriquement obligatoire, pour les directeurs de salles de cinéma, d’afficher dans leur hall le titre du ou des courts métrages qu’ils avaient l’obligation de mettre au programme. Or, dites-moi, vous voyez beaucoup de courts métrages en première partie de chaque séance ? Moi depuis presque vingt ans que je vis à Paris, je n’ai vu cet oiseau rare qu’une seule fois, au Cinéma des cinéastes, un petit film, Casting (voir le dernier article au bas de la page), où l’on voyait une femme incapable de tuer les deux homards qu’elle avait achetés pour le dîner ! Le CNC avait pris la peine de me répondre, et sa justification tenait en une expression simpliste : pas d’argent. Et on m’expliquait que le CNC édictait des règles, mais qu’il était incapable de les faire respecter, faute de pouvoir payer les centaines d’inspecteurs qui seraient chargés de vérifier le programme des salles (il en existe 5900 !).

Mais que fait donc le CNC ? Eh bien, il perçoit le produit d’une taxe perçue sur TOUS les tickets de cinéma vendus en France, aussi bien que les films français que sur les films étrangers. Et cet argent, outre qu’il sert à payer les membres du CNC (!), lui permet de financer les scénarios que des apprentis cinéastes lui proposent, même et surtout s’ils n’ont encore jamais fait leurs preuves. J’ai traité ce sujet depuis décembre 2003 (article « Baisse de fréquentation ») ! Si le film se fait et rapporte de l’argent, le cinéaste doit rembourser la somme qui lui a été prêtée, mais, le plus souvent, et comme c’est un débutant, le cinéaste a fait un navet et n’a aucune obligation de rembourser quoi que ce soit. Mais, souvent, ce sont aussi des cinéastes célèbres qui vont s’abreuver à cette pompe généreuse, font leur film, puis s’inscrivent au chômage, où ils perçoivent de la collectivité un salaire calculé sur ce qu’ils gagnent habituellement, donc le pactole. Il est connu, dans la profession, que, grâce à ce système, Agnès Jaoui et son mari Jean-Pierre Bacri, qui ne font guère qu’un film tous les trois ou quatre ans, vivent comme des nababs sans avoir besoin de travailler davantage.

Puis il y a aussi les débutants qui ont un parent bien placé. J’en connais un dont le père est responsable du cinéma à Canal Plus, et dont la mère est... membre du CNC ! Pratique... Le CNC ne lui a jamais refusé la fameuse avance sur recettes.

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