L’arabe obligatoire à l’école ?

Publié le par Yves-André Samère

Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a flanqué un sacré coup de pied dans la fourmilière en annonçant son intention d’imposer l’étude de l’arabe à l’école. Évidemment, tous les tenants de la droite ont protesté, presque autant que lorsque une rumeur absurde a fait croire aux naïfs que le précédent ministre, Najat Vallaud-Belkacem, entendait faire instaurer l’enseignement de la masturbation dans les écoles maternelles. Inévitablement, des régiments de crétins avaient mordu à l’hameçon, sans même penser à consulter les textes officiels, qui ne disaient évidemment rien de tel.

L’arabe enseigné à l’école ? Je n’ai rien contre le principe, puisque je suis passé par là : entre quatorze ans et demi et seize ans et demi, élève du secondaire, j’ai dû étudier – je ne dis pas « apprendre » – l’arabe dialectal (il existe aussi un arabe littéraire, assez différent, et dont j’ignore tout), langue qui était obligatoire dans mon école. Non sans mal, car cette langue est assez illogique et choque nos habitudes : absence de voyelles écrites, absence des articles sauf un, absence de certaines consonnes, et surabondance de certaines autres. Mais enfin, le peu que j’en ai appris me permet encore d’éviter bien des bourdes, et aussi, de me marrer en entendant mes contemporains parler de « Mahomet », qu’ils prononcent comme s’il s’agissait de la mère de M. Homais dans Madame Bovary.

Non, ce qui me chiffonnerait, dans le projet de Blanquer, ce serait de rendre cet enseignement obligatoire, comme le bruit en a couru ! Car je suis allergique à tout ce qui est obligatoire en matière d’enseignement, en dehors des matières de base (par exemple, je me souviens de ma déception en découvrant qu’en mathématiques, l’étude des logarithmes n’était même pas au programme en terminale – une aberration, alors que je les avais découvertes seul en fin de troisième). Mais ce qui me tranquillise, c’est de savoir que Blanquer finira par sauter, tout comme les quelques pitres qui nous gouvernent actuellement. Après tout, De Gaulle lui-même a fini par s’en aller, dégoûté de ce que ces salauds de Français avaient osé lui refuser un Oui de plus à l’un de ces chers référendums !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Non. Pas obligatoire. Simplement en enseigner des notions pour revaloriser cette "très belle langue" (dixit Blanquer). Nuance.
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Y
Cet enseignement devrait dépendre de la composition de la population locale. Étudier l’arabe en Bretagne, par exemple, n’aurait aucun sens. Donc rien ne devrait être obligatoire.
J
Mine de rien, sans qu'on en parle, le ministère de l'éducation nationale est probablement le plus politique, le plus idéologiquement chargé qui soit. Pauvres enfants !
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