Quand l’orgue déçoit

Publié le par Yves-André Samère

Bien décevant, le concert d’orgue de cet après-midi à Saint-Eustache. Certes, il avait bien commencé, avec la Toccata en ré mineur de Bach, suivi de sa fugue, qui est ce qu’on a fait de mieux dans ce domaine. Mais l’œuvre qui a suivi, quoique due aussi à Bach, était du genre soporifique : il s’agissait de Schmücke dich, o liebe Seele (« Décore-toi, chère âme » – sic), qui a été à deux doigts de m’endormir.

Mais le pire était à venir. Cette fois, une autre Toccata, opus 9, composée en 1962 par Jean Guillou, qui avait naguère été le titulaire du même orgue, et que le curé George Nicholson avait renvoyé il y a deux ans, sans doute parce qu’il le trouvait trop vieux et désirait le remplacer par deux jeunes. Le morceau qui nous a été infligé semblait avoir été composé par un fou détestant l’orgue, et désireux de faire, sur le plus bel orgue de France, le maximum de bruit pour faire fuir les mélomanes. On se serait cru dans une rave party ! Le plus marrant, c’est que Guillou, qui avait juré de ne plus jamais remettre les pieds à Saint-Eustache, va y revenir dans quelques semaines pour un concert rétrospectif. Je ne suis pas sûr d’y assister, cette fois !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

J
On devrait pouvoir se réincarner à sa guise en changeant à volonté de forme charnelle.
Cela me permettrait de ne jamais habiter le corps d'un adulte.
Un exemple de réincarnation sympathique : être Alexandra Dovgan. Elle n'est pas la plus géniale et la plus douée (prestations inégales et incertaines) . Mais elle réussit ce tour de force rare en nos contrées d'être d'une dignité exceptionnelle, d'une grande sensibilité, d'une candeur touchante, d'une indépendance stupéfiante par rapport au public et d'une beauté classique remarquable.(question beauté, la musique doit aider au moins au début) Et même à 11 ans, son duo avec Malofeev (denière video) mérite d'être applaudi.
La vie et le système la guettent pour la broyer. Comme presque tout le monde. Alors j'aimerais vivre sa vie apparemment heureuse et choyée, quelque temps.
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Y
Je n’ai aucun désir de vivre dans le corps d’une femme ! Rien que la perspective d’accoucher, brrr...
J
Quand je souhaite entrer dans une autre dimension, m'élever en gardant les pieds sur terre, me recueillir sans adorer qui que ce soit, pas besoin d'orgue et de monument, j'écoute le divin Pergolèse (voix mis à part)
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Y
Où est l’incompatibilité ? On peut écouter l’orgue ET Pergolese. Ou le piano ET Beethoven. Je ne rejette que le rap, qui n’appartient pas à la musique.
J
Je n'aurais pas imaginé une seconde assister à ce genre de concert si j'en avais eu l'occasion.
D'abord à cause de Bach, je suis l'exacte opposé de ceux qui parlent de Bach dans les milieux autorisés et par exemple à France Culture. Et quand je pense que Hilary Hahn revient avec un programme Bach. ! Me faire ça à moi ! (son œuvre qui ne vous a pas plu devait être le résultat d'un mauvais auto-plagiat. )
Ensuite à cause de l'église. Oui je sais,l es orgues se trouvent dans les églises; Je m'en fiche; Je milite pour qu'on sorte la musique classique des églises au profit de toutes les autres sortes de salles. (ce n'est pas ça qui manque) Pour un peu, le retour en grâce de l'orgue pourrait servir à la mise en valeur de ces lieux de perdition.
Enfin parce que la musique contemporaine qui accepte de mettre de la mélodie, et ne jure pas que par les dissonances diverses et variées qu'on a inventées, c'est rare;
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Y
Je suis radicalement athée, mais je dissocie très bien les églises du culte qu’elles abritent. Donc la présence de la religion ne me gêne pas. Écouter de l’orgue ne peut pas me ramener à la religion, ce serait mission impossible ! Et puis, à Saint-Eustache, c’est spécial : la console de l’orgue est bien visible, sur le sol, à trois mètres des spectateurs, et on peut même parler au jeune organiste quand il a terminé (organiste qui, soit dit en passant, travaille aussi à Radio-France, et dans de nombreuses grandes villes étrangères).

Par ailleurs, j’aime Bach, même si j’ai détesté cette Toccata entendue hier. Et les dissonances, le jazz en est plein.

Quant à “sortir” les orgues des églises, ça coûterait “un pognon de dingue”, comme dirait Macron. Toutes les salles de concert ne peuvent pas se les offrir.