Réhabiliter une partie de Pétain

Publié le par Yves-André Samère

Hier, Macron s’est lancé (imprudemment, mais on s’en fiche si ça le chante de se planter en public, on ne va pas le retenir), s’est lancé, disais-je, dans une curieuse gymnastique un peu sadique, consistant à découper en tranches la vie d’un personnage qu’il a choisi, de garder ce qui lui plaît, et de virer tout ce qui reste.

Le personnage en question, c’était Pétain. Et Macron a donc effacé de sa biographie toutes les années qui ont suivi la guerre de 14-18, en flanquant à la corbeille les nombreuses années qui ont suivi, et les saloperies commises par le peu glorieux maréchal. Y compris son antijudaïsme viscéral et sa collaboration avec les nazis. Or, dans ce domaine, Pétain est allé très loin. Si loin qu’il a précédé les désirs des nazis, en promulguant, de sa seule autorité, les lois antijuives auxquels les nazis ne pensaient pas encore, dès juillet 1940, et consolidé cet édifice avec le décret sur le statut des Juifs, pris en octobre 1940.

Octobre 1940 ! Ça compte, les dates. Rappelons que la célèbre Solution finale qui décida de l’extermination des Juifs fut décidée seulement le 20 juillet 1942, par la conférence tenue à Wannsee (un quartier de Berlin). Hitler en avait eu l’idée, mais ne participait pas à ladite conférence, ce qui ne l’innocente en rien, d’ailleurs.

Et justement, à propos d’Hitler, pourquoi Macron ne lancerait-il pas une opération visant à réhabiliter Hitler lui-même ? Il utiliserait le thème Adolf-a-été-un-très-bon-peintre-avant-de-devenir-un-fou-sanglant-qui-a-ravagé-l’Europe. Je suis sûr que ça marcherait aussi bien que le ripolinage de la statue de Pétain.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

M
Je ne peux, pour ma part, exprimer un sentiment à deux vitesses pour les personnages de l'histoire contemporaine et tronçonner leur biographie pour n'en retenir que ce qui m’intéresse. De Gaulle, le héros de 40 sauveur de la France, restera pour moi à jamais l'homme qui a trahi la confiance d'un million de pieds-noirs et les a plongés dans la douleur, le même qui a voué les harkis au massacre. Que des hommes politiques actuels revendiquent son héritage dépasse mon entendement. Quant à Mitterrand, l'homme de gauche, c'et bien lui qui avait été décoré de la francisque par ce maréchal dont on reparle beaucoup en ce moment.
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Y
Je suis exactement dans le même état d’esprit, et je trouve stupéfiant qu’on fasse encore une idole de De Gaulle. Vous remarquerez que les gaullistes sont très silencieux sur le massacre des harkis, lequel avait pourtant été prévisible dès les accords d’Évian. L’armée française, quand elle était encore présente en Algérie, n’avait pas le droit d’intervenir ! Les soldats français “patrouillaient” avec des armes dépourvues de munitions, et montaient la garde avec des bâtons !

Pour ce qui est de Mitterrand, je le méprise cordialement, et le traite souvent de “canaille”, car c’est ce qu’il a été, tout au long de sa vie politique. On oublie trop que le Sénat avait voté son exclusion pour son faux témoignage dans l’affaire de l’attentat bidon de l’Observatoire, et pour avoir tenté d’envoyer en cour d’assises son complice Robert Pesquet, à une époque où la peine de mort existait encore.