Un mauvais livre devient une série télévisée

Publié le par Yves-André Samère

Cette semaine, le romancier Joël Dicker a été invité par Yann Barthès dans Quotidien, et on l’y a couvert de fleurs. Le prétexte était que son premier roman, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, a été adapté en série télévisée par Jean-Jacques Annaud, et sera diffusé sur Télé-Poubelle à partir d’après-demain. On n’a pas manqué de marteler que ce livre avait reçu deux récompenses : le Prix Goncourt des lycéens, qui n’est pas vraiment une référence sérieuse, et surtout le Grand prix du roman de l’Académie française.

Or c’est là que le bât blesse : j’ai lu ce roman, et lui ai trouvé autant de valeur que les écrits de Trissotin dans Les femmes savantes !

Entendons-nous bien : lorsqu’un romancier sème le verbe réaliser dans le sens de comprendre, et que cette scorie revient toutes les deux pages, on est bien obligé d’en déduire qu’il ne sait pas écrire. Ce n’est même pas une erreur de traduction, puisque cette chose a été écrite directement en français, l’auteur étant un Suisse romand. Et, c’est stupéfiant, on en déduit aussi que les Académiciens qui lui ont donné leur Grand prix du roman ont perdu tout crédit, car ils sont bien placés pour savoir que cet anglicisme n’est qu’une faute de français.

Sur le fond, le livre raconte une enquête sur la mort d’une jeune fille, et qu’un des personnages principaux est soupçonné de l’avoir tuée. Mais ce thème est traité sur une longueur qui rend la lecture de ce livre insupportable. Si bien que les livres suivants de Dicker, je les ai boycottés. Je n’ai pas de conseil à vous donner, mais économisez votre temps, il est sûrement précieux.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

P
J'ai lu ce livre il n'y a pas longtemps (je crois que le fait d'être en retard sur tout le monde devient une marque de fabrique inconsciente chez moi) et, je n'ai sincèrement pas compris la raison de tant d'éloges. Je ne suis pas aussi douée que vous pour repérer les fautes de français mais globalement, ce livre est écrit dans un style assez mauvais et le plus drôle, c'est que hormis l'enquête il parle de la manière d'écrire un roman... Faire la part belle à l'écriture en écrivant de façon aussi banale, j'ai trouvé ça plutôt ironique : je me rends compte de ce que cette remarque a de prétentieux mais déjà, ce bouquin aurait pu être réduit d'un tiers, on aurait sûrement gagné en légèreté.

Voilà bien longtemps que je n'ai pas commenté sur votre blog mais je vous lie toujours : l'année dernière, une autre Perrine a publié un commentaire carrément facho... Ca m'avait stressé sur le coup, ce qui est totalement ridicule (d'autres gens ont bien le droit de porter le même prénom que moi, même s'ils sont idiots...)
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Y
Tout à fait d’accord avec vous, Dicker est un mauvais écrivain, et j’ai du mal à comprendre pourquoi les médias le placent si haut. Pour ma part, je n’ai lu que ce premier roman, et n’ai pas lu le reste de ses productions. Et il est tout à fait vrai que ce livre est interminable.

Je n’ai pas gardé le souvenir de cette autre Perrine carrément facho, car je me suis empressé de l’oublier. Mais, de temps en temps, je trouve ici des commentaires désagréables, qui ne s’expriment que pour dénigrer. Il ne faut plus y penser, leur influence est nulle !
D
Pas pensé un instant perdre mon temps avec ce livre. Vous confortez mon choix !
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Y
Sa médiocrité vous aurait sauté aux yeux. J’ai mis son auteur sur ma liste noire.