Éloge de Niort, ville laide

Publié le par Yves-André Samère

La chronique faite ce matin sur France Inter par François Morel, qui est bien le billetiste le plus subtil et le plus drôle du pays, m’incite à me pencher un instant sur la ville de Niort, que, dans son dernier livre Sérotonine, Michel Houellebecq égratigne un peu, dans ces termes : « C’est dans un état d’exaspération avancée que j’arrivai à Niort, une des villes les plus laides qu’il m’ait été donné de voir ». Il y revient une fois, une seule, avec cette phrase, peu concluante puisque dépourvue de tout jugement : « Je repensai à l’hôtel Mercure de Niort – Marais Poitevin ».

Houellebecq et moi, nous avons un point commun : nous n’avons passé qu’une seule nuit à Niort. Mais, comme je n’ai pas son talent descriptif (hier, riez, je me suis fait traiter de « littéraire déchu » – et de « nazi », en prime – par un cinglé qui n’avait pas digéré que je donne quelques détails peu aimables sur une de ses idoles, Sartre), je ne dirai rien sur cette ville, que je n’ai guère eu le temps d’explorer de fond en comble. En réalité, Houellebecq m’ennuie, et je ne lirai sans doute pas son livre, parce que j’en ai quelques milliers qui m’attendent, blottis sur un coin de mon disque dur. Mais que cela ne vous dissuade pas d’écouter Morel, il excelle dans ce art de démolir une œuvre en feignant de lui décerner des louanges – en quoi, lui au moins n’est pas un littéraire déchu.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

J
Les gens simples prennent tout au premier degré, même ce qui relève d'une pure fiction ou d'un conte à dormir debout.
Les gens compliqués prennent tout au quatrième degré, même ce qui n'est qu'au second degré. .
Les gens intelligents savent que lorsqu'on ne parle pas du monde sensible, tout est image, métaphore, c'est à dire pure création de l'imagination.
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Y
Mon Dieu, serais-je intelligent, à mon corps défendant ? Ça y est, ma réputation est fichue !
D
Il faut dire que le "littéraire déchu" mérite qu'on s'y arrête. Ce jugement un tantinet radical mais original n'a guère de sens, ce qui le rend presque poétique. Yves-André Samère, littéraire déchu : ça en impose.
Quant au "nazi", là, là c'est d'un banal...
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Y
Je n’ai jamais cru être un littéraire. Mais être déchu, ça a de la gueule, si j’ose dire.

Pour ce qui est d’être un nazi, le phénomène est curieux : si ce type déteste les nazis, il aurait dû savoir, s’il avait lu un peu plus qu’un article unique sur Sartre, que je les déteste aussi. Et que, par conséquent, lui et moi étions du même bord ! Cela m’a fait penser à une réplique dans “Port-Royal”, la pièce de Montherlant, lorsqu’une des religieuses dit que telle déclaration lui fait répliquer – je cite de mémoire – « Vous êtes d’accord avec votre adversaire », au grand scandale de la mère supérieure.