La fureur des « bises »

Publié le par Yves-André Samère

Mais d’où vient donc cette manie française d’embrasser des inconnus sur la joue ? Sur deux joues ? Sur trois, voire quatre ? Voyez les acteurs : ils se détestent à peu près tous, mais s’embrassent à longueur de journée. Et si, à la radio ou à la télé, quelqu’un cite le nom d’un absent, c’est automatique, il y a toujours un imbécile pour glisser dans la conversation un inexplicable « On l’embrasse ».

Cette coutume est, non seulement ridicule, mais aussi et à la fois récente et injustifiée. Récente ? Mais oui ! Cherchez dans les archives cinématographiques antérieures à l’époque de la Cinquième République, et même un peu postérieure, et dites-moi si vous avez trouvé une seule photo ou un seul film montrant De Gaulle embrassant quelqu’un ! Il semble que cette habitude stupide (et anti-hygiénique) n’était pas dans les habitudes des hommes politiques avant la présidence de Chirac. Mais aujourd’hui, comparez avec les habitudes d’un Macron, dont cependant on sait qu’il n’a aucun ami (il y avait bien ce truand de Benalla, mais ils sont un peu brouillés, à présent).

Dans la plupart des autres pays, on ne pratique pas ce genre de bise. Exception, les Russes s’embrassent, oui, entre hommes, et sur la bouche. Mais à mon avis, la vodka y est pour quelque chose ! Tandis qu’aux États-Unis, on ne s’embrasse guère, on préfère le hug, qui consiste à enlacer son vis-à-vis, sans en faire davantage, ce qui rend son sens au verbe « embrasser » (puisque on fait cela avec les bras seuls). Pour une fois que les Yankees nous donnent le bon exemple... En revanche, dans les pays arabo-musulmans, on s’embrasse à qui mieux mieux et sans arrêt.

J’aimerais être nommé dictateur, si possible à vie. Je prendrais alors un décret interdisant aux gens de s’embrasser en public. Les délinquants se verraient frappés d’une amende salée, ce qui redresserait nos finances en perdition.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

M
Il y a quelques années, le procureur du TGI de Lyon, lassé de voir le personnel du palais se lancer dans des marathons de bises tous les matins, avait pris une note de service pour tenter de contenir ces abus. Vous devinez qu’une volée de tracts syndicaux l’avait aussitôt tourné en ridicule, et les pratiques n’ont pas changé.
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Y
Il aurait dû poursuivre les récalcitrants. Pour outrage à magistrat !
D
La Fontaine déjà remarquait ce fléau "Quand la bise fut venue..."
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Y
Toujours du bon côté, La Fontaine !
J
Oui, il faut affiner pour comprendre comment cela fonctionne. Il faut croiser les catégories sociales et les milieux, et vous verrez apparaître des données fondamentales.
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Y
À condition d’y trouver de l‘intérêt. Et ce n‘est pas mon cas, je ne suis pas assez sérieux. Ou le sujet n’est pas assez sérieux (au choix). Ma spécialité, c’est rire de tout avant d’être obligé d’en pleurer.
D
Et encore, vous n'êtes pas une femme ! On ne leur serre plus la main, on les embrasse. J'ai pris le réflexe de tendre la main avant quelque geste de "l'adversaire" !
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Y
Vous faites bien, et ça privilégie les réflexes !