MENSA

Publié le par Yves-André Samère

Comme je l’ai mentionné dans ma réponse à un commentaire concernant Rosemary Kennedy, si cette malheureuse jeune femme avait, à l’âge de vingt ans, l’esprit d’une enfant de dix ans, on peut en conclure que son quotient intellectuel (en abrégé, Q.I.) était de 50 – puisque, par définition, l’index 100 est attribué aux cas les plus courants, c’est-à-dire les individus ni débiles ni géniaux. Il y a dix ans, je me suis d’ailleurs amusé à collecter quelques appréciations surprenantes, ICI. Le quotient intellectuel partage les opinions : certains doutent de sa validité, d’autres y croient. Je n’ai aucune opinion, faute d’avoir pu étudier la question, mais je peux au moins affirmer que le ministère de l’Éducation nationale, en France, considère le Q.I. comme valide, puisque, au moins jusque dans les années quatre-vingt, il faisait tester les élèves de l’école primaire, et groupait dans des classes spéciales, dites Sections d’Éducation Spécialisée, ceux qui ne dépassaient pas un Q.I. de 70. Les instituteurs qui échouaient dans ce type de classe constataient vite que leurs élèves ne retenaient rien de ce qu’on leur apprenait – ce qui, soit dit en passant, devait être très pratique pour les maîtres : inutile de préparer ses cours, il leur suffisait de répéter ce qu’ils avaient enseigné la veille !

Ce test a été inventé en 1905, et il fait partie de l’arsenal des méthodes permettant d’évaluer les possibilités intellectuelles des enfants scolarisés. En gros, les opinions se partagent en deux camps très distincts et liés aux opinions politiques de ceux qui s’y intéressent : la droite est pour cette forme de psychologie scientifique, la gauche est contre ! Rien d’étonnant.

La croyance envers les tests de Q.I. devait forcément produire des résultats sur le plan social, et de bonnes âmes s’échinèrent à créer des groupes humains, essentiellement composés d’adultes, lesquels se donnaient bonne conscience en se livrant à des activités charitables au bénéfice des intellectuellement pauvres. Ce fut la création de MENSA International, un ensemble de comités nationaux, dont les membres étaient (sont, devrais-je écrire) recrutés sur concours. La condition pour y être admis est simple : il faut pouvoir prouver qu’on possède au moins 132 de Q.I. ! Ces concours sont annuels, et ressemblent à n’importe quel examen, faits en public, le plus souvent dans un grand hôtel d’une ville importante. Les heureux lauréats, dont la copie a été examinée par des psychologues, sont prévenus par lettre, et doivent s’acquitter d’une cotisation annuelle, qui donne droit à la réception mensuelle d’un bulletin de liaison, dont le contenu varie selon le pays auquel ils appartiennent, et d’un annuaire donnant les noms et adresses de tous les inscrits. En somme, c’est le Rotary-Club du cerveau.

Je ne vous surprendrai pas en vous disant que les États-Unis sont à la pointe de cette activité, mais le Royaume-Uni et la France participent également à la fourniture humaine de Mensa – même si on peut trouver des M’s (ainsi se désignent-ils) dans la plupart des pays (j’en ai connu une huitaine en Côte d’Ivoire, qui tous vivaient à Abidjan).

L’activité de ces groupes ? Je vous en parlerai un autre jour.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

L
un individu est examiné tandis qu'une copie est examinée ...
Répondre
Y
Je ne vois pas de QUI vous voulez parler...
L
De rien, je n'aime rien tant que la critique, et je crois ne pas être le seul ...
Y
Merci. J’ai corrigé.