« Ma puce » ?

Publié le par Yves-André Samère

Un détail qui m’agace au plus haut point, et qui est dû aux faiseurs de sous-titres français, tient à ce qu’ils tiennent énormément à faire la même chose que tous les autres.

Je m’explique : chaque fois qu’un personnage, père ou mère, s’adresse à sa petite fille, il ne manque jamais de l’appeler « Ma puce ». J’ai vu aujourd’hui le premier épisode de La casa de papel, feuilleton espagnol diffusé par Netflix et assez bien fait, or, dès la première séquence, on assiste à une conversation au téléphone entre une mère et sa fille. Et, en deux minutes de ce dialogue, la mère donne QUATRE FOIS de ce « Ma puce » à sa fille... dans les sous-titres français. Il se trouve que je comprends un peu l’espagnol, et on n’entend rien dans le dialogue d’origine qui évoque quelque cténocéphalide que ce soit. En fait, la mère appelle sa fille cariño, nom masculin évoquant la tendresse.

Mais, naturellement, aucun sous-titreur de métier ne peut imaginer qu’on puisse parler à son enfant autrement qu’en la traitant d’insecte transportant la bactérie responsable de la peste.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Ils auraient pu traduire tout simplement par "chérie", "ma puce" étant plutôt réservé aux toutes petites filles si on veut absolument placer des cténocéphalides porteurs de peste.
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Y
C’était bien ce que signifiait le dialogue originel. Mais les traducteurs français ont la terrible manie d’attribuer aux personnages leur propre langage, souvent argotique, d’ailleurs. D’où la disparition de certains mots, très utilisés par les gens normaux, du vocabulaire de base ; comme “travailler”, éliminé au profit de “bosser”, qui a tout envahi. Et l’abondance des “Tu te rappelles DE ça”.
Y
Évidemment ! Ces crétins se prennent pour des artistes, alors qu’ils sont ignares et ne connaissent même pas le langage le plus basique, celui de tout le monde. Mais ils ne sont pas les seuls, et je m’apprête à écrire une notule sur une lectrice qui, sur la base d’UN SEUL article qu’elle a compris de travers, m’a traîné dans la boue.
D
Je suppose qu'ils pensent ainsi se rapprocher du langage "de tous les jours" ou "familier", pour coller au contexte. Mais il me semble qu'on est capables de faire soi-même la nuance, les sous-titres ayant pour but d'offrir une traduction simple et claire.