Le rap n’est PAS de la musique !

Publié le par Yves-André Samère

Il y a une dizaine de jours, je me trouvais dans le cabinet d’un kinésithérapeute, qui me traite afin d’éliminer mes troubles de l’équilibre (avant-hier soir, une émission médicale sur France 2, avec Michel Cymes, a traité de cette question, vue sous l’angle du mal des transports). Or cet homme de goût met de la musique en fond sonore : France Musiques. Et parce qu’à ce moment-là, sa radio diffusait des Préludes de Chopin, je l’ai remercié de ne pas infliger du rap à ses clients.

Que n’avais-je dit là ! Gaffe majuscule, car il aimait AUSSI le rap. J’ai donc tenté de le persuader que le rap n’a rien à voir avec la musique, mais n’ai pas réussi.

Or, il est très facile de juger le rap, d’après cinq critères objectifs – tout ce qui lui manque. Voici ses carences :

1. le rap n’utilise pas les tonalités possibles. Il n’en utilise même aucune ! Il existe, en musique, douze tonalités majeures et douze tonalités mineures, toutes définies au début du morceau par la présence de dièses ou de bémols indiqués à droite de la clé, présente dans toutes les partitions. Je signale que tout compositeur peut d’ailleurs changer de tonalité en cours de morceau. Ainsi, la Polonaise Héroïque de Chopin commence en la bémol majeur, mais le passage central est en mi majeur, avant de repasser dans la tonalité initiale. Vous préférez un autre genre de musique ? Très bien. Bohemian Rhapsody, composée par Freddie Mercury, commence en si bémol majeur, puis passe en la majeur, puis continue en mi bémol majeur jusqu’à la fin.

2. les morceaux de rap ignorent les nuances d’amplitude (le volume du son) : le bruit produit est toujours du même niveau.

3. les morceaux de rap ignorent les changements de vitesse (le tempo), que la musique classique emploie souvent.

4. les morceaux de rap ignorent la notion même de rythme (à deux temps, à trois temps, à quatre temps. Même à cinq temps, ce qui est très rare, comme dans la musique du film Sweet movie).

5. les morceaux de rap ignorent l’harmonie, c’est-à-dire les accords, produits par plusieurs notes jouées en même temps.

Le résultat en devient pitoyable.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Quand on a été nourri de musique classique pendant toute son enfance et son adolescence, et de chanson française des années 50-70, ce qui est mon cas, le rap est un genre "musical" qui ne peut pas fonctionner. Comme d'ailleurs, désolée pour les puristes, la musique contemporaine genre sérielle ou autre.
Je n'en suis pas fière, mais c'est ainsi. Besoin de mélodie, d'harmonie, et il y a tellement à aimer, étudier, ne serait-ce qu'en s'intéressant à Bach ou Chopin que l'on n'a pas besoin de courir après les dernières tendances de la mode !
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Y
C’est ce que j’ai toujours pensé. Mais cela semble impossible à expliquer aux autres quand on a découvert Chopin en écoutant la radio à l’âge de trois ans. Désespérant !