Mon don de double vue

Publié le par Yves-André Samère

J’ai dû écrire quelque part que je possédais un don (ou une aptitude, si vous préférez) : je devine très souvent quelques secondes à l’avance ce qu’un personnage de film va dire ou faire. En réalité, je n’en ai pas pris conscience très tôt, mais, peu à peu, c’est devenu évident. Et je n’écris pas cela par vanité ! Simplement, c’est vrai, et je ne donne aucune explication.

Le dernier exemple frappant s’est présenté à moi cette semaine. Comme nul ne l’ignore, le feuilleton fabriqué par HBO, Game of thrones, s’est terminé dans la nuit de dimanche à lundi dernier, et, comme on s’en doutait depuis longtemps, il s’est agi pour les personnages de choisir un roi qui ferait enfin régner l’ordre et la paix dans ce groupe de royaumes imaginaires, après qu’on eut éliminé deux reines encombrantes – dont l’une, poignardée comme Carmen par l’homme qui l’aimait, parce qu’elle ne voulait plus de lui ! Ou, si vous préférez, Humphrey Bogart dans le rôle de Sam  Spade (Le faucon maltais) livrant à la police Brigid, la femme qu’il aimait, parce que c’était une criminelle.

Bien entendu, dans le public, chacun fait des pronostics, ou insulte par avance les auteurs de futurs spoilers. Mais de mon côté, je m’en fichais, car ce feuilleton difficile à suivre, truffé de détails surnaturels et très violents, ne m’a pas beaucoup intéressé, si bien que je confonds un peu les personnages.

Or, n’ayant rien lu sur le sujet et rien entendu dans les radio-télés, le nom du personnage à choisir s’est imposé à moi. Et, alors que les fanatiques de cette chose balançaient entre Jon Snow et la reine Daenerys Targaryen, j’ai pensé que l’élu serait ce jeune garçon qui, au cours de la première saison, avait été poussé dans le vide par un méchant, ce qui avait causé chez lui, vu le choc sur le sol, une paralysie des membres inférieurs, et l’obligation de ne plus jamais pouvoir marcher. Et rien, dans le déroulement des épisodes (il y en a eu soixante-sept) n’indiquait que ce personnage un peu effacé serait, dans le dernier épisode, élu à l’unanimité des notables et placé sur le Trône de Fer. Pourtant, si, et il devient roi quelques minutes avant la fin. Si vous êtes curieux, j’écris ci-dessous son nom en encre invisible, et qui apparaîtra si vous faites glisser la souris sur la ligne apparemment vide.

 

C’est Bran, évidemment.

 

Il faut néanmoins avouer que c’était un peu logique : seul personnage n’ayant commis aucun mal à qui que soit, et très intelligent, c’était le plus digne de la fonction. À cela s’ajoute que son infirmité interdisait qu’il puisse avoir des enfants, et donc, pas de succession imposée après sa mort. Un roi élu, ça ne se voit pas beaucoup, dans l’Histoire. Imaginez un instant que le roi Philippe IV le Bel n’ait pas eu trois fils et une fille, nous aurions fait l’économie de la Guerre de Cent Ans !

(Je me demande si mon don de prémonition ne serait pas un peu rentable, à la longue. Je pourrais me lancer dans la météo, avec davantage de succès que cette pauvre Marie-Pierre Planchon)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Bien vu ! Pour ma part, je ne l'avais pas vu venir, et je trouve que Tyrion nous a induit en erreur en parlant d'histoire à raconter, car Jon Snow en a une bien meilleure que Bran, à mon humble avis.<br /> Par ailleurs, un vilain subjonctif a pris la place de l'indicatif après votre "après que" du deuxième paragraphe.
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Y
J’avais hésité : indicatif ou subjonctif ? Et je penchais pour l‘indicatif. Mais j’ai pensé que les lecteurs n’approuveraient pas. Mauvais choix, et je reviens à la première hypothèse, en corrigeant. De toute façon, merci !