Pourquoi tout va de mieux en mieux ?

Publié le par Yves-André Samère

Cet article ne va pas plaire à tout le monde, et donc, si penser comme la majorité est votre tasse de thé, ne le lisez pas !

Tout part d’un paradoxe qui pourrit la vie des écologistes (lesquels se gardent bien de l’évoquer, car cela reviendrait pour eux à se tirer une balle dans le pied) : pourquoi le bien-être humain augmente-t-il à mesure que les systèmes écosystémiques se dégradent ? Ainsi, l’Afrique, naguère le continent le plus miséreux du monde, est en passe de devenir, avant peu, une  puissance mondiale. Et je vous rappelle ceci : il y a cinquante ans, Hong Kong passait pour un des endroits les plus pauvres de la Terre, et les embarcations qui encombraient son port équivalaient, aux yeux de tous, à des bidonvilles. Voilà qui est fâcheux, puisque les écologistes ont affirmé que la dégradation de l’environnement conduirait à une dégradation du bien-être des populations. Pas de veine, l’évaluation des écosystèmes en début de millénaire, paradoxalement, a révélé que le bien-être humain avait augmenté – malgré les importants déclins mondiaux de la plupart des services écosystémiques !

Les bonnes âmes ont proposé quatre hypothèses pour tenter d’expliquer ces tendances divergentes :

1. nous avons mal mesuré le bien-être ;

2. le bien-être dépend des services de restauration, qui augmentent, et ne dépend pas des autres services, qui déclinent ;

3. la technique (pas la technologie !) a dissocié le bien-être de la nature ;

4. des décalages dans le temps peuvent conduire à une dégradation future du bien-être des pays riches, le contraire se produisant dans les pays ex-sous-développés.

La première explication est peu probable, car nous sommes  trop savants pour nous gourer à ce point, mais certains éléments des trois autres semblent plausibles.

En effet, bien que les écologistes aient documenté de manière convaincante le déclin écologique, la science ne comprend pas correctement les implications de ce déclin pour le bien-être humain : comment le bien-être humain a-t-il augmenté alors que les conditions de l’écosystème se dégradent ? Beaucoup de gens s’attendent à ce que la dégradation des écosystèmes ait un impact négatif sur le bien-être humain, mais cette mesure semble augmenter, même si la fourniture de services écosystémiques diminue. En 2005, une étude exhaustive des ressources mondiales a révélé que le déclin de la majorité des services écosystémiques évalués, ce déclin, donc, s’est accompagné de gains constants du bien-être humain à l’échelle mondiale. Alors que les écologistes pensent que « la dégradation et la simplification écologiques seront suivies d’un déclin de la fourniture de services écosystémiques, entraînant un déclin du bien-être humain ». Hélas, les faits démentent la théorie ! Et il a été démontré que, depuis 1980, l’empreinte de l’activité humaine dépassait la quantité de ressources pouvant être produites de manière durable par la Terre, et que la mondialisation et le commerce réduisent considérablement les risques d’effondrement des sociétés locales et régionales, consécutives à la dégradation de l’environnement.

Bien, je ne veux pas insister et vous coller la migraine, par exemple avec cet argument diabolique : que la consommation de plus de 80 % des services évalués était en augmentation, dans toutes les catégories. Pour être plus clair, l’utilisation de la plupart des services écosystémiques augmente parallèlement à la diminution de la capacité de la Terre à fournir ces services.

C’est contrariant, pas vrai ? Et je me doute bien que vous vous faites cette réflexion : que mon optimisme indécrottable me fait prendre des vessies pour des lanternes. Bah, patientez un peu, on verra bien.

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