Au décrochez-moi-ça

Publié le par Yves-André Samère

Je ne travaille pas sur France Inter, et j’ignore donc son fonctionnement. En particulier, je ne sais pas si les journalistes qui lisent les nouvelles au micro sont les auteurs de leur texte. Supposons que oui. Dans ces conditions, est responsable de ses dires la fille qui, ce matin, a déclaré que certains manifestants ont « décroché illégalement le portrait » de Sa Majesté Macron dans une mairie.

Il y a quelque temps, j’avais fait observer que ce n’était pas illégal. Mais, face à l’insistance partiale de la radio nationale, j’ai cherché la vérité. De ces recherches, il ressort que l’affichage du portrait présidentiel dans les bâtiments publins n’est pas une obligation, mais une simple coutume. Lisez le détail ICI, c’est très précis. Et c’est un ministre de l’Intérieur qui, en 2012, a rappelé à l’Assemblée nationale, répondant à un député UMP, que « l’usage de ces symboles dans les établissements publics ne repose donc que sur une coutume inspirée de la tradition républicaine. Cette tradition étant généralement bien respectée par les maires, les textes ne prévoient pas de sanction administrative ou pénale » (Journal Officiel du 10 avril 2012, page 2883)

Le fait qu’en juin 2019, un tribunal a condamné des militants pro-climats à des amendes pour ce crime abominable (lèse-majesté anti-Macron ?), ne repose que sur une distortion de la loi : on a prétendu qu’ils avaient « investi les lieux à treize, pour “réquisitionner” la photo présidentielle » [sic].

Donc, la cause est entendue, l’audience est levée !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
C'était un prétexte pour parler de Kremer dans Maigret ; hisyoire d'avoir votre sentiment sur cette série /
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Y
Hélas, je ne l’ai jamais vue. Quand elle passait, je ne vivais pas en France.
C
Ok pour les mairies mais qu'en est-il des commissariats ? Moi , vu mon grand age , suis très friand de la série consacrée à Maigret , incarné par Bruno Kremer ; je me réjouis de voir les présidents des années 50 . le plus souvent c'est la photo de notre brave René Coty !
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Y
Répondant en janvier 2012 (sous Sarkozy, donc) au député UMP Damien Meslot, le ministre de l’Intérieur a rappelé que l’article 2 de la Constitution « précise uniquement que l’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge et que la devise de la République est “Liberté Égalité Fraternité”, mais que l’usage des symboles tels que le drapeau national, le buste de Marianne, le portrait du président de la République ou la devise de la République, dans les bâtiments publics, ne repose donc que sur une coutume inspirée de la tradition républicaine ».

Par conséquent, « les bâtiments publics », y compris les commissariats, et pas seulement les mairies.