C’est pourtant simple !

Publié le par Yves-André Samère

J’ai écouté inégralement l’émission C dans l’air diffusée mercredi 31 juillet sur France 5, et qui était consacrée à la mort de ce jeune homme, Steve Caniço, qui s’est noyé dans la Loire il y a plus d’un mois, la nuit de la Fête de la musique, et dont on venait de retrouver le corps passablement décomposé – mais pas encore autopsié. Cette émission, qui durait soixante-six minutes et s’intitulait Steve - Une affaire d’État, était un débat comprenant le meneur de jeu, un reporter du service Justice-Police au journal « Le Monde », un commandant de police et secrétaire général d’un syndicat de police, une journaliste du journal « L’opinion », et un rédacteur en chef-adjoint du journal « Le Parisien ».

Je ne vais pas donner mon avis sur les termes de ce débat, d’autant moins que je ne suis en rien spécialiste des faits divers et des questions de rivalités politiques, mais je fais simplement remarquer qu’en un peu plus d’une heure de débat, le mot compliqué a été employé une bonne quarantaine de fois, et dès la première dizaine de secondes de présentation de l’émission. C’était du style « vouloir arrêter la musique des hauts parleurs à quatre heures du matin parce que le chahut empêche les gens de dormir, c’est compliqué », ou « tomber dans la Loire quand on ne sait pas nager, c’est compliqué », en passant par « le Premier ministre qui sert de paratonnerre au ministre de l’Intérieur, c’est compliqué », sans oublier le « avoir tué Malik Oussekine à coups de matraque dans la rue Monsieur-le-Prince en 1968, c’était compliqué ». Bref, supprimons du vocabulaire national et médiatico-politique tous les termes signifiant impossible, inacceptable, révoltant, indéfendable, intolérable, ennuyeux, inapproprié, onéreux, irréalisable, inextricable, embrouillé, obscur, entortillé, corsé, complexe, embarrassé, confus, fumeux, filandreux, alambiqué, byzantin, difficile, tordu, dangereux, mensonger, et tutti quanti. Et remplaçons toutes ces inutilités par le très simple compliqué !

Ce n’est tout de même pas compliqué.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Il est écrit:
"« avoir tué Malik Oussekine à coups de matraque dans la rue Monsieur-le-Prince en 1968, c’était compliqué ».
En 1986, c'était bien plus simple, malheureusement !
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Y
Oui, tuer aussi facilement un jeune Arabe sous dialyse, c’était bien pratique. Et c’est Pandraud qui avait tiré la leçon (à sens unique) de cette mort, en disant « Si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais de faire le con la nuit ». On savait rire, en ce temps-là.