Je n’aime guère Chaplin

Publié le par Yves-André Samère

Allons, décevons nos (millions de) lecteurs, en avouant l’inavouable : ne n’aime pas tellement Charles Chaplin !

Avant de me réduire au rang de la bête (in)humaine, permettez que je m’explique, avant de m’aller jeter sous une rame de métro.

Bien avant Chaplin, je place très haut Buster Keaton, ainsi que Stan Laurel et Oliver Hardy. Certes, Chaplin était capable de faire rire et de réussir ses acrobaties, mais il noyait ses histoires dans une pénible sentimentalité plus que poisseuse. Outre cela, il commettait l’erreur d’écrire lui-même les musiques de ses films, dégoulinantes de la même sentimentalité de bas niveau, mais il ne reculait pas non plus à piquer des thèmes composés par d’autres, comme le fameux Je cherche après Titine, qui avait été écrit par Bertal-Maubon et Henri Lemonnier, et mis en musique par Léo Daniderff... en 1917, donc bien avant son film Modern Times (en français Les temps modernes), sorti en 1936.

Dans la vie réelle, Chaplin s’est d’ailleurs conduit comme un salaud avec Buster Keaton : il l’avait engagé pour tenir un rôle secondaire dans son Limelight (en français, Les feux de la rampe), sorti en 1952. Or, une fois le film monté, il s’est aperçu que Keaton était beaucoup plus drôle que lui. Ce qui ne surprendra pas ceux qui le connaissent et l’admirent. Chaplin a donc coupé au montage les scènes où celui-ci le dépassait !

Chaplin ne m’a fait rire qu’une fois, dans une scène misogyne d’une parfaite muflerie : il jouait un bourgeois, vêtu en tenue de soirée, et rentrant chez lui au milieu de la nuit, passablement éméché, croyant y trouver sa femme en train de l’attendre. Or, ce qu’il trouvait, c’était une lettre dans laquelle elle lui annonçait qu’elle le quittait. À partir de cet instant, on le voit, filmé de dos, face à une commode sur laquelle reposent une quantité de flacons remplis de boissons qu’on devine alcoolisées. Il saisit un shaker, ce récipient métallique servant à mélanger des cocktails, y verse divers alcools, et, toujours vu de dos, il est montré le dos et les épaules agités de soubresauts convulsifs, comme s’il était en train de pleurer de chagrin. Mais, peu à peu, il se retourne pour enfin faire face à la caméra, et on constate que, loin de sangloter, il était en train de se confectionner un cocktail, histoire de fêter le départ de son épouse !

Oui, je sais, c’est drôle. Mais pas très aimable pour les femmes. La même scène, de nos jours, lui vaudrait des huées.

(Mais j’imagine qu’aujourd’hui, on lui appliquerait le même traitement de faveur qu’à Polanski)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

C
Je suis un vieux ronchon de 82 ans et ce que j 'ai plus aimé des USA c'est Tex Avery , Astaire , Gene Kelly , Dany Kaye , un ou deux Capra , je confesse craquer sur le genre mélo ; les lumières de la ville ., j'aimerai bien revoir Carmen jones d" Otto Preminger dont ;que vienne la nuit esr rediffusé demain samedi à 6h12 , qu'on se le dise !
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Y
Oui, le cinéma états-unien me plaît beaucoup, à l’exception des réalisateurs du “Nouvel Hollywood”, que je ne supporte pas, les Scorsese, Tarantino, Apatow, Gus Van Sant et compagnie. De cette bande, je n’excepte que Spielberg, excellent raconteur d’histoire quand il veut bien ne pas philosopher. Lui est à la hauteur des grands anciens, je trouve.
Dans le genre mélo, il y a eu David Lowell Rich (“Madame X”) et surtout Douglas Sirk (“Mirage de la vie”), qui ont été des maîtres sans jamais tomber dans le ridicule.
J’ai vu “Carmen Jones”, qui était très réussi, avec Harry Belafonte et Dorothy Dandridge, et j’aimerais bien le revoir, mais je crois qu’il ne repasse jamais à la télévision.