Jouons avec les particules

Publié le par Yves-André Samère

Voici une bévue qui m’agacerait souverainement si je la lisais ou l’entendais plus souvent, mais dont beaucoup de journalistes, se doutant bien que quelqu’un va les épingler, commencent à se méfier. Au point qu’ils se forcent à respecter certaines règles qu’on a énormément négligées, faisant ainsi une erreur consistant par exemple à nommer « de Rugy » tel ministre déchu. Ladite bévue consiste – ou consisterait – à intégrer la particule de dans le nom de famille, le patronyme, en bon français. Or elle n’en fait pas partie, et, dans cet exemple, il faudrait dire « Rugy » tout court. Si vous ne me croyez pas, allez demander à Stéphane Bern, lui ne ferait pas la faute !

On ne doit conserver la particule que si elle est élidée ; autrement dit, si elle précède une voyelle, pour raison d’euphonie. C’est pourquoi on dit « d’Artagnan », ou « d’Alembert », ou « d’Ormesson », mais on ne dit pas « de France » pour cette charmante actrice d’ailleurs belge, Cécile de France.

Et De Gaulle, me direz-vous ? Faut-il dire simplement « Gaulle » ? Non, car le « De » n’est pas une particule, puisque l’intéressé n’était pas noble. Ce n’était qu’un article défini flamand, auquel on ne devrait pas mettre de minuscule, afin d’enfin éviter la confusion. Même remarque pour De Lattre De Tassigny, pas plus aristocrate que Geneviève de Fontenay, laquelle, de toutes façons, s’appelait en réalité Geneviève Mulmann, et elle était mariée à un certain Poirot, qui n’était pas non plus prénommé Hercule !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Petite précision. Si le nom propre ne comporte qu'une syllabe, on accole oralement la particule. Exemple : Broglie, qui se prononce breuil. On dit donc "de Broglie" (ou de breuil). Pourquoi faire simple...
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Y
Vrai. Fantaisie en cours chez les nobles. Mais je ne voulais pas entrer dans les détails, car, à ce jeu, on perd des lecteurs !