Néron : 2. La mort de Britannicus

Publié le par Yves-André Samère

Mais parlons un peu de Britannicus. Ce n’était pas du tout le « frère » de Néron, puisque son père était l’empereur Claude, un homme faible, et sa mère, l’épouse plus que volage de celui-ci, Messaline, totalement déséquilibrée. Les deux garçons n’ont donc aucun lien de parenté : lorsque, veuf, Claude s’est remarié, il a épousé Agrippine la Jeune, elle-même veuve de Domitius Ahenobarbus, le père de son seul fils, Néron, que Claude va adopter. Fils légitime du souverain régnant, Britannicus, lui, était un enfant chétif, malingre, et souffrant d’épilepsie, comme Jules César. Or il vient d’avoir quatorze ans, âge fixé par la loi romaine auquel on devient un adulte, et il est l’héritier officiel.

Mais, au cours d’un banquet où tout le monde assiste, y compris Néron, âgé de dix-sept ans, et sa mère Agrippine, l’héritier en titre Britannicus boit un breuvage, et il meurt instantanément. Tacite et Dion Cassius prétendront qu’il avait été empoisonné par Locuste, la célèbre empoisonneuse : les deux historiens racontent que son corps présentait des « taches » suspectes, et, dès les deux jours suivants, le bruit court que le garçon a été empoisonné. Mais nul ne réagit, et Néron est débarrassé d’un concurrent. Est-il l’auteur du meutre ?

C’est invraisemblable, pour les raisons suivantes :

- Dans le monde romain, le poison est une arme exclusivement féminine.

- Au cours de sa vie, Néron n’emploiera jamais le poison, mais uniquement le glaive, y compris contre lui-même lors de son suicide (ou prétendu suicide).

- Pourquoi tuer Britannicus alors qu’il pouvait tout simplement le faire exiler ? Certes, l’argument est un peu faible, puisque Néron n’a pas vraiment le pouvoir, mais sa mère, si.

- Pourquoi le faire mourir en public ?

- Néron n’est pas un audacieux, il craint les réactions, et il est trop intelligent pour se compromettre.

- Enfin, Britannicus est mort à peine avait-il touché la coupe contenant sa boisson. Or, à l’époque romaine, aucun poison n’agit aussi rapidement. Le cyanure n’existe pas encore. L’acide prussique n’agit qu’au bout de deux ou trois minutes. Et le curare, s’il est avalé, n’a aucune action et, pour agir, il doit être injecté.

Britannicus n’a donc pas été empoisonné ! Épileptique, il a pu être victime d’une rupture d’anévrisme, notion qu’on ignorait à cette épque.

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