Mort aux abeilles (même mortes) !

Publié le par Yves-André Samère

J’ai terminé hier la lecture d’un livre d’interviews sur les grands auteurs du cinéma, écrit par Peter Bogdanovitch, lequel est lui-même auteur de films assez bons. La dernière interview du livre est celle de Fritz Lang, réalisateur d’origine allemande, auteur de M (en français, M le maudit), et qui, après avoir reçu la proposition de diriger le cinéma allemand faite par Goebbels, a aussitôt émigré pour aller se réfugier aux États-Unis, où il a fait une belle carrière.

Lang fourmillait d’anecdotes sur le monde de l’art cinématographique, avec parfois des ajouts n’ayant rien à voir avec ce sujet, comme celle où il rapporte une histoire que lui avait racontée Walter Brennan, célèbre acteur ayant joué dans 244 films et téléfilms. Voici cette anecdote, et je vous dirai en conclusion pourquoi je la cite :

J’ai connu un type qui demandait : « Vous vous êtes déjà fait piquer par une abeille morte ? », et les gens répondaient : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Comment une abeille morte peut-elle piquer ? ». [Réponse du type :] « Mais elles piquent même mortes. J’ai marché sur une abeille et elle m’a piqué ».

Eh bien, cette historiette bizarre ne raconte que la vérité, puisque, moi aussi, j’ai été piqué par une abeille morte ! Je devais avoir dix ou douze ans, et mes parents m’avaient traîné à la plage, ce dont j’avais horreur. Or, en maillot de bain, j’avais les jambes nues, et, m’étant agenouillé sur le sable, je n’avais pas vu qu’il s’y trouvait une abeille morte, laquelle m’avait piqué au genou, assez violemment pour me dégoûter à jamais (je n’avais pas besoin de ça) des prétendus plaisirs de la plage.

Ma petite histoire est donc garantie authentique par Fritz Lang en personne. À cette époque, je ne connaissais même pas le nom de Fritz Lang. Mais les grands esprits se rencontrent, parfois.

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