Quand Luis Rego faisait mourir de rire Le Pen

Publié le par Yves-André Samère

Ce que j’écris ici n’est pas une défense de Jean-Marie Le Pen. Mais, comme je ne goûte pas l’hypocrisie et qu’il m’arrive de dire du bien des gens que je n’aime pas (Giscard, Sarkozy, Chirac), simplement par honnêteté, je vous invite à regarder cette vidéo, prise en septembre 1982 par Claude Berri, à Radio France. Il s’agissait de filmer le Tribunal des Flagrants Délires, lequel recevait ce jour-là Jean-Marie Le Pen à titre d’accusé ! Un accusé pas très facile, d’ailleurs, mais qui, tout à fait consciemment, était venu se faire traîner dans la boue par toute l’équipe. Or, contrairement à ce qui se passait habituellement, ce n’est pas Pierre Desproges qui l’a le plus malmené : ce fut Luis Rego, censé lui servir d’avocat.

Rego, sans jamais nommer Le Pen ni même le regarder, avait décidé de raconter la journée d’un jeune fasciste, et, en un peu plus de treize minutes, est ce jour-là entré dans l’Histoire des humoristes opposés à l’extrême droite. Son monologue a fait mourir de rire, non seulement le public, mais aussi Le Pen, qui n’a cessé de se marrer, alors qu’il était assis à trois mètres de Rego. Il fallait oser.

Je ne me lasse pas de regarder de temps en temps ce sommet du rire dévastateur. Allez-y, c’est ICI, et sachez rire autant que Le Pen, qui n’a mal réagi à aucun moment. Certes, l’image n’est pas très bonne, car elle est extraite d’un DVD, enregistrement intégral que je possède depuis pas mal de temps. Mais ce qui compte, ce n’est pas la qualité de l’image, mais le texte. Et ce jour-là, Rego avait du génie.

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