D’enfants et de baleines

Publié le par Yves-André Samère

Hier soir, en changeant de chaîne de télé pour passer du Petit Journal à France 2 en attendant l’émission avec Bern sur le Vatican, je suis tombé sur la fin du Journal télévisé de Pujadas – que je ne regarde jamais, pas plus qu’aucun autre journal télévisé. Or on diffusait à ce moment un court sujet sur des enfants qui plongeaient en mer parmi des baleines à bosse, et qui était filmés pour un documentaire intitulé Les enfants d’Okeanos.

Étonnement du commentateur, qui confinait à l’extase : quelle aventure extraordinaire (tout est aventure, à la télé, vous avez remarqué ?), quel courage de la part de ces gosses ! et blablabla, comme si les enfants nageaient dans un banc de requins.

De mon côté, je riais sous cape, car j’avais lu un livre écrit par Xavier Roy, publié en 1988 chez Robert Lafont, Les enfants de la Baleine Blanche, qui racontait un des voyages qu’organisait, depuis 1983, l’association à laquelle il appartenait et qui avait été fondée par trois adultes et... six enfants. Elle avait son siège à Montpellier, mais déménagea ensuite à Nantes, Quai de la Fosse, et Jean-Luc Delarue, dans son émission La grande famille sur Canal Plus, lui consacra une de ses émissions.

Le but de la Baleine Blanche consistait à emmener des enfants difficiles, ayant échoué dans leurs études et la vie sociale, dans un voyage de plusieurs mois, de France vers une zone de l’Atlantique où, chaque année, les baleines se retrouvent pour se reproduire. Le voyage se faisait sur un voilier, où ils apprenaient la navigation, sous la conduite d’un seul adulte chevronné, et pendant lequel le sens des responsabilités leur venait peu à peu, puisqu’ils devaient tout faire. Amenés à destination, ils plongeaient effectivement au milieu des baleines, qui sont des animaux parfaitement inoffensifs et même bienveillants, en dépit de leur taille. D’ailleurs, le livre était illustré de nombreuses photos, très belles, et qui montraient tout cela. Mais l’expédition se poursuivait par la visite des terres voisines, et les gosses rentraient complètement transformés et désormais aptes à vivre leur vie.

Les textes qu’ils rédigeaient, les photos et les films qu’ils prenaient, ont tous été publiés.

Un petit détail que vous révèlera la photo de la couverture du livre : la plupart du temps, tous les jeunes marins, garçons et filles, vivaient nus, à quoi ils s’habituaient très vite, ce qui ne causa jamais le moindre souci et leur épargnait celui de faire la lessive ! Une idée à retenir.

L’association, qui a eu des difficultés financières, est aujourd’hui en sommeil. Mais, apparemment, d’autres ont piqué l’idée...

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