Décalage favorable

Publié le par Yves-André Samère

On sait que, depuis quelques jours, de nombreux Français se mettent à leur fenêtre pour applaudir à huit heures du soir les personnels soignants. Bravo ! Hélas, je ne peux pas en faire autant, car mes six fenêtres donnent toutes sur deux cours, et je ne vois jamais la rue. Avantage, je n’entends pas non plus le bruit de la circulation.

Néanmoins, si je ne peux pas applaudir le corps médical tout entier, je peux au moins rendre hommage à UN médecin. Il s’agit du chirurgien qui avait programmé pour le 17 mars une opération importante à mon bénéfice, à l’Hôpital Port-Royal, programme qui, ultérieurement, avait été annulé afin de réserver toutes les places aux interventions urgentes. J’avais très bien admis que mon tour soit remis à plus tard, et je n’ai pas cherché à obtenir je ne sais quelle priorité.

Or sa secrétaire m’a téléphoné au début de l’après-midi, pour m’apprendre qu’un patient avait, de lui-même, demandé le report de sa propre opération, et que sa place se libérait à mon profit. Mon chirurgien a donc fait avancer la date de mon admission dans son service, et j’entrerai ainsi à l’hôpital, non pas aux calendes grecques, mais après-demain, pour être charcuté ce vendredi (j’ai vu l’opération en vidéo, et le verbe charcuter se justifie pleinement !). Quand serai-je libéré de cet hôpital, je n’en ai aucune idée, mais il est certain que je ne pourrai pas écrire ici comme je le fais depuis mai 2007. Je me débrouillerai en truquant les dates, comme je l’ai déjà fait.

Par conséquent, avant de le lui dire de vive voix, je tire mon chapeau à ce médecin, qui, sans être sollicité, s’est préoccupé de mon sort. Je ne vous donne pas son nom (il a un nom à particule, et il est très connu), mais le cœur y est.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Mon cher Yves-André Samère,

comme vous avez pu le constater je lis et parfois je commente votre renversement d’idoles depuis quelques années. Combien ? Deux, trois, quatre, plus ? Je ne sais plus et je ne sais plus non plus comment je suis tombé sur votre blog. Peut-être tout simplement en cherchant des articles sur Arnaud Tsamère par le moteur de recherche zoo-blé ou un nom comme ça.
J’en apprécie le ton et ce bien que je sois parfois en total désaccord avec le fond. Assez régulièrement, ces humeurs me donnent l’occasion de fouiller un peu à gauche et à droite pour en savoir plus sur le sujet (le sujet de l’humeur, pas l’humeur elle-même).

Et c’est de (en ? avec ?) toute bonne foi ;-) que je vous souhaite l’opération la plus juste possible qu’il s’agisse d'une soustraction et/ou d’une addition, suivie d’un bon séjour hospitalier même sans internet, puis d’une bonne convalescence, en attendant de vous relire avec plaisir.

Salutations confinées,
Don Liau
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Y
Merci ! Le fait que certains de mes lecteurs ne sont pas en accord avec ce que je pense ne me dérange pas du tout. Si tout le monde disait et pensait la même chose, que ce serait enuyeux !
Y
Merci, c’est réconfortant d’être compris et soutenu., même quand on n‘est pas d’accord avec moi – ce que je comprends très bien. Au fait, j’écris ici depuis mai 2007. Bientôt treize ans. Et je n’en suis pas lassé. Donc je vais renverser d’autres idoles, ça ne manque pas !
R
Selon la formule consacrée : revenez-nous vite et en bonne santé. Mais, cette fois et personnellement (désolé pour la concordance en nombre, à suivre) : nous vous attendons, vous et vos critiques, de pied ferme !
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Y
Merci ! Revenir vite, on va essayer, selon ce que décidera le chirurgien. En bonne santé, ne rêvons pas, je pars d’assez bas, mais j’ai l’habitude. Je compte écrire pendant mon séjour à l’hôpital, mais il y aura un décalage, comme y fait allusion mon titre, et je publierai mes textes rétrospectivement, ainsi que je l’ai déjà fait. Les ordinateurs ne sont pas autorisés dans les services médicaux ! J’aurai sans doute la radio, ainsi que de quoi lire et écrire, mais pas Internet.