Vulgarité cinématographique

Publié le par Yves-André Samère

Actuellement, dans les salles de cinéma, on peut admirer (entre autres chefs d’œuvre impérissables) un film dont le titre est très remarquable, et même doublement, en ce qu’il applique la réduction du vocabulaire dont je parlais précédemment, et qu’il me permet, en passant, de citer le nom de Gisèle Halimi, que jamais je n’ai écrit, étant donné que, comme on dit dans les journaux mieux rédigés que mes pauvres petits écrits, elle n’était plus dans l’actualité depuis des dizaines d’années. Je sais, j’ai eu tort.

Ce film, sorti aujourd’hui et qui n’a été projeté dans aucun pays autre que le nôtre, a donc pour titre T’as pécho ? Titre remarquable, en ceci :

1. il massacre le français : T’as... ;

2. il feint d’inventer un nouveau vocabulaire, avec ce pécho, qui n’existe que chez les très jeunes (et les très sots), et viole sans hésitation la grammaire, puisque aucun participe passé ne peut avoir une terminaison à ce point ridicule ;

3. il utilise le verlan, procédé complètement dépassé depuis plusieurs décennies.

Mais peut-être n’êtes-vous pas très familier du verlan ? Voici donc un éclaircissement : ce système consiste à modifier l’ordre des syllabes d’un mot quelconque en vue de le rendre incompréhensible à la collectivité. Précisons que ledit système existe depuis plus d’un siècle, ce qui indique à quel point notre époque fait dans l’originalité. Et surtout, à l’instar du verbe choper, qu’il malmène un tantinet, il signifie en gros attraper, ce qui indique à quel degré d’estime la gent masculine place le sexe féminin, réduit à la condition de banal gibier.

Cette considération nous ramène à Gisèle Halimi, laquelle aurait sans doute adoré cette pellicule... due à une femme, Adeline Picault, qui l’a réalisé en premier film !

Vous croyez qu’elle en fera beaucoup d’autres ? À lire les premières critiques des spectateurs qui l’ont vu aujourd’hui, on peut espérer que cette dame se tournera vers une autre activité.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 29/07/2020 18:23

J'ai cru savoir ce qu'était le verlan en lisant San Antonio, à peine adolescente. Accessoirement, j'y ai appris aussi plein de trucs sur le sexe, ce qui ne m'a pas particulièrement traumatisée malgré mon jeune âge. Donc, je croyais que le verlan était de dire les mots à l'envers. Depuis, j'ai pris l'habitude d'imaginer des mots à l'envers. (srevne). Totalement inutile (elituni), j'en conviens !

Yves-André Samère 30/07/2020 08:10

De là à en faire LE langage universel... Belle imbécillité collective !