La fabrication d’une déesse

Publié le par Yves-André Samère

Tout d’abord et pour commencer dans la douceur, un coup de chapeau à Laetitia Gayet, qui présentait ce matin le journal de France Inter, et que souvent j’ai rudoyée pour son conformisme. Or, ce matin donc, à l’occasion du 15 août, elle avait invité (à distance) un évêque, qu’elle a appelé par son nom Thierry Magnin, auquel à aucun moment elle n’a donné du Monseigneur, comme ils le font tous dans les radios depuis que Claude Villers, le seul à s’en exempter, a pris sa retraite. Bravo à elle, donc.

Il faut dire qu’elle a su éviter les questions flattant les croyances catholiques, et n’a jamais abordé la signification du terme Assomption, dont une république faiblarde et conformiste, elle aussi, a fait une fête nationale, sans aucune raison valable, autre que le souci démagogique de se concilier les électeurs catholiques, alors que, de nos jours, ils se raréfient comme neige au soleil – et avec eux le produit de la quête !

Mais revenons à l’Assomption, curieux concept signifiant que Marie, mère d’un Jésus dont l’existence n’a jamais été prouvée, serait « montée au ciel » après sa mort, idée baroque née dans l’imagination, dit-on, du roi Louis XIII en 1638, et devenue un dogme uniquement catholique en 1870. Les catholiques français, ou du moins le peu qu’il en reste – Dieu merci ! –, en ont fait un prétexte à divers pélerinages, dont celui de Compostelle, en Espagne (voir le film de Luis Buñuel La voie lactée).

On peut trouver curieux que Marie, qui jamais n’a rien fait d’intéressant ni même de charitable (lisez Le nouveau testament, c’est la femme invisible), ait pu accéder au rang de déesse. Vous y remarquerez que son propre fils, Jésus donc, la méprisait, avec la totalité de sa famille, abusivement qualifiée de « sainte famille » par les autorités vaticanesques. Notamment, lors de l’épisode des noces de Cana, il l’a publiquement envoyée bouler, avec un « Femme, qu’y a-t-il de commun entre vous et moi ? ». Charmant. Par anticipation, c’est Brasse-Bouillon se révoltant contre Folcoche.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
L'église catholique a eu du mal avec la "virginité" de la Vierge, et ne l'a qualifiée officiellement qu'au XIXème siècle, avec la délicieuse périphrase "d'immaculée conception". Autrement dit, la vierge est vierge de tout péché originel, ce qui n'a rien à voir avec la sens habituel du mot "vierge" (qui n'a jamais connu l'acte sexuel).
J'ai eu l'honneur d'être scolarisée dans un lycée catholique qui s'appelait justement "l'immaculée conception" (que l'on surnommait "l'immac").
Répondre
D
Justement, cette erreur a obligé l'Eglise à statuer sur la conception de Marie, qui est née sans le péché originel, et non pas de la virginité physique. Comme il est dit "conçue sans péché". J'ai dû mal m'exprimer.
Y
Attention, vous commettez l’erreur la plus répandue dans le public, notamment français ! L’Immaculée Conception n’a JAMAIS signifié que Marie a eu un enfant, Jésus, en restant vierge. Cette notion de mère vierge ne concerne en rien la conception de Jésus dans le sein de sa mère Marie, mais celle purement morale de la même Marie dans le sein de sa mère Anne, sans le péché originel dû à la « faute » d’Ève, tache dont elle avait été exemptée par anticipation.


Je sais bien que tout le monde fait la confusion pour avoir mal suivi les cours de catéchisme, et j’en ai souvent parlé ici, mais on peut vérifier ce que je dis en téléphonant à n’importe quel curé, car tous connaissent cette erreur très française, car ils l’ont apprise pendant leurs études théologiques.