Fuyons les « jump scare » !

Publié le par Yves-André Samère

Savez-vous ce qu’est un jump scare ? Non, probablement. C’est un truc des réalisateurs de films d’horreur, consistant à faire sursauter le spectateur en lui infligeant un choc visuel ou sonore, du genre coup de symbale, avec irruption dans le cadre d’un élément effrayant et bien sûr inattendu.

C’est évidemment un procédé grossier, auquel ont recours les très mauvais réalisateurs, c’est-à-dire la majorité des gens de cette profession, et que j’ai critiqué bien souvent dans mes articles sur les films.

Bien entendu, les bons réalisateurs ne tombent pas si bas. Ainsi, dans The shining, film de Kubrick, le personnage principal joué par Jack Nicholson, enlacé par une femme séduisante qui sortait nue de sa baignoire, aperçoit son reflet dans un miroir, et prend conscience que c’était une très vieille femme dont le corps est en décomposition. Il comprend alors que c’était un fantôme. Or cette apparition n’est pas imposée brutalement au spectateur, et le truc du miroir fournit au spectateur un court délai permettant au public de se préparer à visionner une horreur.

De même, dans Les oiseaux, Alfred Hitchcock montre le cadavre d’un fermier, chez lui, qui a été attaqué par des oiseaux, lesquels lui ont crevé les yeux. Or le grand réalisateur ne jette pas sans précaution cette image à la figure du spectateur, il montre d’abord le corps vu de loin, puis rajoute deux ou trois vues de plus en plus rapprochées, et telle sorte que le spectateur a le temps de s’habituer, de se préparer à cette autre vision d’horreur. En somme, il n’est pas surpris, il est prévenu bien avant l’ultime plan plus proche. Même précaution, dans Psychose, avec le meurtre sous la douche, qui ne surprend personne, puisqu’on voit apparaître le meurtrier à travers le rideau de douche, suffisamment longtemps avant la tuerie à coups de couteau.

Bref, là où le jump scare vise à surprendre le spectateur, il est loin d’être indispensable, il est même néfaste en ce qu’il tente d’effrayer le public par un procédé grossier, qui n’est rien d’autre qu’une tricherie. Pour ma part, je ne marche plus, et dès qu’un jump scare s’annonce, je jette métaphoriquement le film à la poubelle, et son réalisateur avec !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

R
Du fait de l'épidémie de tests Covid, nous subissons des jump scares pluriquotidiens.
France-Inter, c'est comme BFM TV, sans l'image ni Christophe Barbier.
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Y
Ne pas rencontrer Macron est un privilège extraordinaire, car ce type est partout !
R
Moi non plus mais je sais ce qui s'y dit. Dans la même veine : je sais qui est Macron bien que je ne l'ai jamais rencontré.
Y
Je ne sais pas, n’ayant jamais regardé BFM TV.