Reculer pour mieux sauter

Publié le par Yves-André Samère

L’actualité est du genre sinistre : comme il y a de plus en plus de malades, contaminés par le virus, cela entraîne une conséquence choquante, reposant sur le principe du chacun pour soi. En un mot, il faut vider les lits d’hôpital pour faire de la place aux nouveaux. Et donc on libère les lits devenus inoccupés, au détriment des patients ordinaires : ces salauds n’avaient qu’à choisir leur façon de tomber malades ! Allez, ouste, on ne veut pas de vous, qui n’avez pas la maladie à la mode.

Figurez-vous que j’ai connu ça : un chirurgien très compétent avait prévu de m’opérer pour améliorer mon état de santé, et la date de cette opération avait été fixée au 13 mars de cette année. Or, quelques jours avant cette date, la secrétaire du chirurgien m’a envoyé un message pour annuler l’opération. Je n’avais plus qu’à patienter et prier le saint qui se serait spécialisé du bon côté.

Ce sursis a duré deux mois. Puis, surprise, les victimes du coronavirus sont devenues un peu moins nombreuses, les lits se sont vidés comme par miracle, et il a été envisagé de me recaser le 13 mai. Il fallait simplement refaire le dossier d’admission à l’hôpital. Bagatelle !

Cette fois, il n’y a pas eu de report pour l’intervention, et je suis entré à l’hôpital au jour et à l’heure prévue par les dieux. Les choses ont été un peu acrobatiques, mais l’opération a été menée à bien et réussie. Hosanna !

 

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