La Pitié-Salpétrière

Publié le par Yves-André Samère

On parle souvent de la Pitié-Salpétrière, qui est le plus vaste hôpital de Paris et même d’Europe, et l’un des plus réputés de France (où Macron s’était ridiculisé face à une insurrection, qu’il n’avait pas comprise). Il jouxte – l’hôpital, pas Macron – la gare d’Austerlitz, et bien des villages français sont moins étendus : trente-trois hectares, quatre-vingt-dix bâtiments, et il abrite aussi... une église, plus modestement appelée « chapelle de la Pitié-Salpétrière ». Je précise que cette chapelle est généralement déserte, et que les fidèles ne s’y bousculent pas ! La foi se perd, mes bons amis, et, la visitant par curiosité, je m’y suis trouvé absolument seul... Mais ce côté fauché ne se retrouve pas dans les services médicaux, assurés par de grands patrons. Deux fois au moins, je m’y suis rendu en consultation, ce qui n’a pas vraiment porté chance au médecin qui m’a reçu, car il est mort peu après !

Cet hôpital n’est pas seulement le plus vaste de Paris (consultez son plan ICI), il est aussi le plus ancien, puisqu’il a été créé sous Louis XIV, dit-on, en 1656. Et son nom composé vient de ce qu’à l’origine, il fut une fabrique de poudre à canons, avant d’être reconverti en... prison pour femmes ! Mais, bien plus tard, on lui adjoignit un hôpital, celui de la Pitié, et les deux furent réunis sous la même dénomination, qui subsiste aujourd’hui. On y a même tourné quatre films, dont le plus célèbre est d’Agnès Varda, Cléo de 5 à 7, car le personnage de Cléo y craignait, tout au long du récit, d’avoir contracté un cancer (je vous rassure, elle ne l’a pas eu !).

Le nouveau bâtiment, Éole, qui y a été construit récemment, n’offre que des chambres simples, ce qui évite aux malades cette horreur que sont les chambres doubles. Si vous n’avez fait aucun séjour en chambre double, équipée de la télévision qui vomit à longueur de journée les émissions de BFMTV, vous comprendrez l’avantage.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Connu deux fois les chambres à plusieurs lits. La première, c'était pour un vieux monsieur, une chambre... de dix lits dans un hôpital à Versailles, qui était une ancienne écurie. Murs d'un mètre d'épaisseur, fenêtres immenses, etc... Nous étions vers 1975. Ensuite, il y a quelques années, chambre double qu'occupait ma belle-mère. Voisine de lit une grand-mère italienne : toute la famille (alors que les visites étaient limitées à deux personnes) autour de la mamma, même certains s'asseyaient sur le bord du lit de ma belle-mère... et parlaient très fort (elle devait être sourde). Là, quand même, je suis allée voir les infirmières pour qu'elles rappellent le règlement. Ce qui a été gentiment fait.
Quant à mon hospitalisation, une petite clinique avec un personnel charmant, opération de la hanche, tout a été parfait, chambre individuelle agréable, kiné, infirmières, aides soignantes, tout le monde attentif et gentil. Tout cela pour un supplément payé par la mutuelle.
Si j'avais été Etats-Unienne, je serais encore en train de traîner la patte.
Répondre
Y
J’ai connu des conditions identiques à Lariboisière. En prime, les toilettes étaient scandaleusement répugnantes. Heureusement, jamais je n’ai dû y retourner.
D
Bonjour !
En juin 1986, suite à une opération du genou dans le service d’un ponte de l’époque, aujourd’hui président de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, comme quoi être spécialiste du genou mène à tout, j’ai moi aussi passé quelques jours dans cet hôpital.
Par contre, je n’ai pas eu le déplaisir d’être en chambre double car je me suis retrouvé direct en chambre triple. Moindre mal car BFM n’existait pas encore, et comme j’avais pour voisins de lits eux aussi pour des opérations des articulations, un homme jeune et un jeune homme, nous étions donc tous trois plus ou moins de la même génération, ce qui fait que pour choisir le programme de télévision, nous n’avions pas eu à faire de bataille de béquilles, nous nous étions mis d’accord sur les matches du mondial de foot qui à cause du décalage horaire mexicain se déroulait parfois fort tard au-delà de minuit.
Et c’est ainsi que pendant quelques jours je fus supporter de l’équipe de Belgique qui nous avait enthousiasmés.
Bien le bonsoir,

Don Liau
Répondre
Y
Merci et bravo pour cet optimisme, qui tranche agréablement sur l’ambiance générale. Pour moi, je sais ce qu’est l’inconvénient des genoux qui déraillent, mais je ne compensais pas avec le football. La lecture, en revanche, occupait mes journées entières, passées, non pas à la Salpétrière, mais à Cochin et à Port-Royal, où tout le personnel, à l’exception d’un petit crétin d’infirmier, a été parfait. Sans parler du chirurgien, qui passait me voir chaque jour ! Bonne santé à vous.