Les enfants sont trop curieux

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin, sur France Inter, j’ai entendu quelqu’un de très savant disant que les enfants, très curieux, ne cessaient de vouloir le pourquoi de ceci ou de cela, et que cette précieuse faculté s’amenuisait avec le temps.

J’ai tendance à confirmer, si je me souviens de ma propre enfance : je voulais tout savoir sur tout, et posais de nombreuses questions qui, souvent, restaient sans réponse de mes parents, mais aussi, trop fréquemment, de mes instituteurs. Or ce désir de tout savoir sur tout (je rectifie, puisque jamais je n’ai voulu TOUT savoir sur le sport, puis, plus tard, sur le rap) faisait qu’en gros, je ne perdais jamais une occasion de chercher pourquoi les choses étaient ce qu’elles sont, alors que la plupart des adultes se fichaient bien de ces mystères. Et le plus fort, c’est que je trouvais tout ça parfaitement normal.

D’ailleurs, j’ai vérifié cette théorie sur les adultes que je connaissais le mieux, mes parents, puisque, assez vite, ils ont perdu tout intérêt pour le cinéma, alors que, de mon côté, cessant de n’y aller que le dimanche, je doublais mes séances hebdomadaires en fréquentant mes salles préférées le jeudi en supplément. Je compris alors que les adultes restaient indifférents à ce qui me passionnait. Pour ce qui est des livres, j’ai dévoré des tas d’ouvrages célèbres, comme le 1984 de George Orwell, lu à dix ans, puis Hamlet à onze, et Les bestiaires de Montherlant au même âge. En revanche, Vingt mille lieues sous les mers m’a barbé ! Personne, autour de moi, n’en a rien su, mais, dans le cas contraire, on m’aurait pris pour un fou.

Or un détail cloche dans cette théorie : je suis sans doute resté un peu enfant sur les bords, puisque j’ai gardé intégralement ma curiosité à l’égard de tout. Et que, sans cesse, je cherche les causes de tout ce qui se passe autour de moi (et je voudrais bien savoir pourquoi je fais tant de fautes de frappe quand j’écris ici, et qu’il m’arrive de placer Victor Hugo au dix-septième siècle, mais c’est une autre question qui ne doit pas vous concerner, attendu que vous ne faites jamais de fautes de frappe, bande de veinards). Vous ne pourriez connaître le nombre de fois que je consulte Internet afin de savoir le centre d’intérêt des gens, célèbres ou pas, auxquels je porte attention.

(Petite rectification : c’est au sport que je dois d’avoir appris à lire, puisque, voulant savoir combien gagnaient les vedettes du Tour de France cycliste, j’ai exigé de mon père qu’il m’apprenne à déchiffrer l’alphabet, afin que je puisse trouver la réponse dans le journal. En une heure, c’était plié)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

F
Bien vu Don Liau !
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D
Amis curieux, et qui donc êtes restés de grands enfants,
une bonne illustration de cette curiosité des enfants est le sketch de Fernand Raynaud "C'est étudié pour" où après avoir posé des questions un peu "intello" à son père qui n'a pas les réponses, finit par lui poser une question toute simple :

- Dis papa, pourquoi que les vaches elles ont des cornes et puis que les chevaux ils en n'ont pas ?

Afin de ne pas divulgacher la fin si vous ne la connaissez pas, je vous laisse écouter cet excellent sketch, par exemple sur: https://www.youtube.com/watch?v=hlJ_mv4d6so

Heureux !
Don Liau
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Y
Je connaissais, y compris la phrase de conclusion, ayant eu le plaisir de le voir en scène à Marseille. Fernand était aussi un mime exceptionnel, ce qu’on ne pouvait pas deviner en l’entendant.