Blanc ou Noir, qu’importe ?

Publié le par Yves-André Samère

Je me fiche éperdument des couleurs de peau, et ne juge jamais la valeur d’un individu en fonction de la couleur de sa peau.

Or cette vision des choses peut aller assez loin, car le racisme sévit partout, et notamment dans les pays où la couleur de la peau prend une importance dont je ne croirais jamais qu’elle est un indice de valeur. En d’autres termes, il n’y a pas lieu, selon moi (et pas mal d’autres) de se glorifier d’être noir, ou blanc, ou de tout autre couleur. Et le racisme anti-blanc est tout aussi condamnable que le racisme anti-noir. Au point que, quelques années auparavant, je me suis brouillé avec un ami africain, parce qu’il m’avait qualifié de « Blanc » ! Il ne se rendait même pas compte que cette manie de classer les êtres humains était offensante.

Je ne regrette pas ma décision de ne plus correspondre avec lui, et ne suis pas certain qu’il ait compris ma réaction – que je ne regrette d’ailleurs pas. Et peu m’importe qu’on me juge bien ou mal.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Un jour où, à un jeune homme venant livrer une voiture en panne j'ai demandé "d'où venez-vous ?". Sa réponse, à ma surprise, a été : "Cameroun" : "meuh non, de quel garage ?". Je me suis rendu compte que le racisme avait encore de beaux jours devant lui pour que ce garçon réponde ça spontanément.
J'ai lu récemment une réflexion d'un professeur qui rejoint ce que vous dites : "il y a des enfants qui disent qu'ils ne peuvent pas être racistes parce qu'ils sont arabes ou noirs. Ce qui est faux"
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Y
"Ne pas nommer les choses et ne pas les regarder en face, c'est pire que le mal", c’est à peu près ce que Camus avait dit. Il n’avait pas tort.
D
Je crois qu'on a fait les pires des choses à cette époque : d'une traiter cela "d'événements", alors que c'était une guerre, et ensuite de cacher la poussière sous le tapis. Ne pas nommer les choses et ne pas les regarder en face, c'est pire que le mal.
Y
Le triste sort des harkis avait laissé indifférents De Gaulle et ses partisans. Tout comme Ben Bella, alors président en Algérie, qui avait plutôt encouragé leur extermination ! On ne les a pas encore indemnisés...
D
A ce sujet, je suis en train de lire un excellent livre, l'Alice Zeniter (prix Goncourt des lycéens), "l'art de perdre" sur une famille kabyle qui, face à la guerre en Algérie, est partie en France en 1962, ceux que l'on nomme les "harkis". Récit fouillé, vu du côté de cette famille, avec les hésitations, les doutes, les contraintes motivant leur départ (pris entre le FLN et l'armée française, alors qu'ils sont avant tout des agriculteurs et rien d'autre). Les autres doutes, contraintes à leur arrivée dans les camps, et toutes les conséquences sociales et psychologiques à long terme sur plusieurs générations, même avec une volonté "d'intégration". Bref, récit très nuancé, sans démagogie et sans parti pris, plutôt une constatation. J'ai beaucoup appris sur cet épisode de notre histoire, dont je n'avais qu'une vague notion.
Y
J’ai souvent rencontré des gens qui, étrangers, souffraient de leur état de ne pas être originaires de chez nous. Ce doit être pénible, pour eux, car on ne les regarde jamais comme les bienvenus. Alors qu’évidemment, ils ne sont pour rien dans cette situation. Alors, naturellement, ils ont parfois une réaction raciste. Mais tout le monde ne comprend pas ça.