Une soirée perdue

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, j’ai perdu ma soirée. En effet, j’ai regardé Quotidien, qui est en général agréable à suivre et plutôt drôle, mais, ce soir, interminable soirée de pénitence pour les téléspectateurs ! L’invitée principale était en effet Camille Kouchner, qui a publié un livre où elle dénonce son père, tout en se protégeant derrière des acteurs irréprochables dont Marie-France Pisier (morte il y a dix ans et qu’elle fait parler aussi), auteur d’un roman, Le bal du gouverneur, qu’elle a adapté en un film réussi que j’ai vu à la télévision.

Dieu que madame Kouchner est ennuyeuse, et comme elle s’abrite derrière les autres pour faire sa dénonciation de son père incestueux ! Elle n’a cessé de radoter sur le thème C’est-pas-moi-qui-parle-je-fais-parler-les-autres, et vous assène un « Voilà ! » toutes les dix secondes pour mieux colmater les fissures de son laïus.

On voit rarement de tels hypocrites à la télé, mais, ce soir, c’était un festival. Son livre, je l’ai, mais je ne crois pas que je le lirai. Son auteur m’en a dégoûté. Et là-dessus se greffe la profession de foi de l’ex-avocat Dupond-Moretti, devenu ministre, qui a tant fait acquitter de gens, et aujourd’hui s’ingénie à en faire condamner le maximum, sur le thème L’inceste-commis-au-delà-de-dix-huit-ans-DOIT-être-condamné.

C’est fou comme on change, quand on entre au gouvernement !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Ces dénonciations de gens célèbres en rafales actuellement commence à me gêner. Non sur le fond, il faut en effet soulever le problème plus sérieusement qu'on ne l'a fait jusque là, mais cette médiatisation qui voue au pilori sans enquête impartiale, sans jugement, me paraît injuste. D'autant que la plupart de ces faits sont prescrits, donc sans possibilité d'une enquête débouchant sur un procès en bonne et due forme. Je ne sais pas ce qu'il faudrait faire dans ces cas-là pour que les victimes puissent être entendues et reconnues, mais les célébrités incriminées sont irrémédiablement condamnées sans pouvoir se défendre.
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Y
Sur les couples de 14 et 18 ans, on en discutait déjà il y a longtemps. Thème : le jour où l’aîné devient majeur, est-ce qu'il change brusquement de catégorie, et devient un coupable ? Cette question n’a jamais reçu de réponse sensée. La limite est à douze ans en Espagne, par exemple ! Et à treize au Royaume-Uni.
D
Le gouvernement essaie surtout de ménager la chèvre et le chou, ce qui généralement ne mène pas loin. Donc, le consentement d'un mineur ne peut être envisagé qu'à partir de 15 ans au lieu de 13 ans auparavant. Ensuite, si un inceste non prescrit fait l'objet d'une enquête, on peut y raccorder des faits antérieurs prescrits.
Après, il y a un seuil à 18 ans, que je n'ai pas compris. Je m'interroge aussi sur par exemple un couple de 14 et 18 ans qui sont amoureux. Où est le mal ?
Y
En effet. Et le gouvernement, non seulement laisse faire, mais le ministre de la Justice annonce un durcissement des règles. Désormais, il va être difficile, voire impossible, de se faire reconnaître innocent. C’est un dérapage généralisé. On pensait que la présomption d’innocence était la règle, mais non, on modifie les lois sans souci.