Le mauvais côté de Joséphine Baker

Publié le par Yves-André Samère

La série télévisée Secrets d’Histoire a vraiment le souci de ne jamais dire le moindre mal des personnages dont elle illustre la biographie. Au point que son émission sur Joséphine Baker, diffusée ce lundi 8 mars, a (pudiquement) passé sous silence un détail de sa vie que je connaissais, mais qui est passé à l’as !

Bien entendu, je ne conteste pas ses qualités humaines, son antiracisme et tout ce qui s’ensuit. Mais enfin, je n’ai pas entendu la plus petite allusion à son homophobie, qui avait pris pour cible... l’un de ses fils adoptifs ! Il se prénommait Jarry (nom : Bouillon Baker, de par son adoption), et elle l’a « tout simplement », si j’ose dire, chassé de chez elle. Il s’en est plaint par la suite – j’ai entendu naguère son récit fait à la radio –, et cela n’efface certes pas le comportement répugnant de sa mère adoptive. Il y avait donc antiracisme et antiracisme... Inutile de dire que ce garçon, devenu adulte, n’apparaissait jamais dans le documentaire élogieux présenté par Bern, qui, pourtant, devrait savoir ce qu’il conviendrait de connaître sur la question !

Cela mis à part, tous les détails sur le passé militaire de Joséphine, et surtout sur ses activités d’espionne au service du gaullisme, ont été donnés, et nous avons appris qu’elle devait sa Légion d’honeur à Chaban-Delmas, qui avait insisté auprès de De Gaulle afin qu’on répare l’oubli que l’Armée en avait fait.

Joséphine, devenue l’amie de Grace Kelly, a été enterrée au cimetière de Monaco, et sa tombe se trouve juste à côté de la double tombe abritant Marie Bell et Jean Chevrier, deux vedettes de la Comédie-Française dont aucun Français n’ignore qu’ils ne se quittaient pas.

Je n’ai jamais vu Joséphine Baker sur scène, j’ai seulement vu l’affiche de son dernier spectacle à Bobino. Il faut dire que son style ne m’attirait pas, je préférais de très loin Brel et Brassens.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Ce n'est pas pour défendre J. Baker, mais un ami, 80 ans au compteur, a été élevé par un père homophobe. Par exemple, il avait dans les 25 ans, ledit père lui a demandé de changer immédiatement de chemise, parce que celle-ci, écossaise, avait des carrés roses, et que ça faisait "tapette". Élevé ainsi, et ne se posant pas forcément de questions parce que non concerné, cet homme ne comprend absolument pas ce que peut être vraiment l'homosexualité.
Ma mère, facilement ironique, m'avait dit un jour à ce propos : les homosexuels ne peuvent pas se reproduire, et pourtant ils existent depuis la nuit des temps. C'est la citation de je ne sais plus qui, mais en tout cas ça fait réfléchir une gamine de 15 ans.
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Y
C’est bien ce qu’il fallait dire à un homophobe. Malheureusement, ça ne suffit pas à les guérir de leur bêtise. Cette histoire de chemise, quelle stupidité...