Le français tel qu’on...

Publié le par Yves-André Samère

Je ne comprendrai sans doute jamais comment tant de Français ignorent leur propre langue maternelle. Entendre « parler français » à la radio et à la télévision est chaque fois une épreuve.

Ainsi, vingt fois par jour (au moins) revient une expression aussi fautive que : telle sportive « a débuté sa carrière », ou tel coureur cycliste « a démarré son sprint final », et autres sottises. C’est donc si compliqué de retenir que certains verbes sont intransitifs, c’est-à-dire qu’ils NE PEUVENT PAS introduire dans la phrase un complément d’objet direct ? Quand je pense qu’à l’âge de dix ans je ne faisais plus ce genre de faute !

Il y a aussi cet emploi burlesque du verbe faire quand il sert d’auxiliaire. Impossible de ne pas éclater de rire quand on entend un crétin illettré déclarer que Jeanne d’Arc a été « faite prisonnière » par les Anglais à Compiègne ? À quoi sert ici cet accord incongru ? La chose une fois accomplie, l’héroïne était prisonnière, elle n’était pas faite !

Lorsque je relis une comédie de Molière, je suis toujours admiratif de lire ces dialogues tenus par des personnages de domestiques ou de paysans, et s’exprimant à la perfection. Est-ce à dire que Molière leur prêtait son propre langage, lui qui était le maître du dialogue ?

(Oui, je sais, il a sérieusement dérapé dans la dernière scène de Tartuffe avec le déluge de pronoms personnels dans la tirade de l’Exempt. Mais montrez-moi un seul ministre d’aujourd’ui, capable de faire mieux !)

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