Une journée perdue

Publié le par Yves-André Samère

Hier, une journée entière fichue en l’air. Comme j’avais rendez-vous à huit heures du matin à l’Hôpital Lariboisière et que j’avais décidé de m’y rendre à pied, comme ça, pour voir si j’y arrivais, je me suis levé avant six heures. Oui, je suis aussi lent à pied qu’à réfléchir. Objectif, une ponction lombaire, ce qu’on ne m’a pas encore fait. Or la seule ponction lombaire que j’ai jamais vue était celle que Gérard Philipe faisait à Michèle Morgan dans Les orgueilleux, film d’Yves Allégret sorti en 1953 (Michèle avait eu l’air de souffrir beaucoup).

Parti de chez moi à six heures et demi, j’ai battu mon record et suis arrivé pile à l’heure fixée. Là, on m’a attribué une chambre provisoire, et on m’y a installé en commençant par une prise de sang (je me demande si une visite chez un médecin a jamais eu lieu sans une prise de sang au préalable). Par chance, j’avais emporté de la lecture, ce qui m’a permis de combler les heures creuses qui ont suivi. Infirmière très aimable, comme elles le sont presque toutes.

Ensuite, très longue attente, qui s’est conclue de manière originale : la doctoresse qui devait me percer la colonne vertébrale est venue m’annoncer... qu’on ne me ferait pas ladite ponction lombaire. Motif : mon taux de plaquettes s’étant effondré peu après mon opération du cancer il y a cinq ou six ans, il semble que je risquais gros avec cette manipulation, et mon eurologue y a mis son véto !

Pour me consoler, mon infirmière m’a servi un déjeuner, et je suis parti comme j’étais venu, quoique, cette fois, par le métro.

Rentré au bercail, je me suis recouché, histoire de rattraper le temps perdu. Et je ne sais toujours pas si une ponction lombaire est douloureuse ou non. Dire qu’un jour, je mourais idiot !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

G
J'ai connu une « infirmerie » qui détenait une seule aiguille ancien modèle, elle était conservée dans un récipient contenant l'eau du puits. Elle pouvait servir pour deux cent cinquante hommes. Je n'avais jamais vu autant d’abcès !
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Y
On aurait dû la décorer, cette infirmerie.
G
Les aiguilles utilisées actuellement sont à usage unique et plus fines. Autrefois, les recrues étaient vaccinées avec des aiguilles qui resservaient longtemps. Lorsqu'elles étaient émoussées, elles pouvaient être aiguisées - ou pas... - sur une pierre à huile. Ce qui provoquait les malaises chez les soldats était dû principalement aux séances en groupe où « l'infirmier » posait deux aiguilles dans le dos des patients, puis repassait faire les injections.
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Y
J’ai assisté à une de ces vaccinations en masse, avec une infirmière qui avait vacciné tout une classe de cinquième avec la même aiguille. Rétrospectivement, on peut se demander combien elle avait tué d’enfants ce jour-là.
G
La douleur ? Pas plus qu'une autre injection. Les personnes sensibles doivent éviter de regarder l'aiguille utilisée: huit centimètres de longueur et un millimètre de diamètre. Assister à une ponction lombaire peut-être impressionnant, et à mon avis la douleur est plus liée à l'idée qu'on se fait de l'acte.
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Y
Oui, un peu comme les aiguilles qu’on utilisait pour vacciner les soldats au début de leur incorporation, et qui faisaient tomber les malheureux dans les pommes. Mais depuis la vaccination contre la grippe, on ne ressent plus rien. Même nos chers ministres supportent les piqûres !