Être au rendez-vous

Publié le par Yves-André Samère

Je n’ai qu’aversion pour une expression telle que être au rendez-vous. Non, rien à voir avec les rendez-vous amoureux ! Il s’agit plus banalement de parler comme tout le monde dans le domaine de l’information, autrement dit, de parler mal.

Exemple : « Sur la Côte atlantique, cette année, les touristes sont aux rendez-vous ». D’abord, c’est inexact : nul n’a donné rendez-vous à tous ces touristes. Et surtout, venir à la plage n’a rien d’un rendez-vous. Lorsque tout le monde se retrouve au même endroit, c’est un hasard, et pas du tout parce que ces gens se sont donné rendez-vous.

Ou encore, question de légalité : « En matière de restauration, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous ». Ou, pire puisque ridicule : « Le goût des fraises n’est pas toujours au rendez-vous ».

Utiliser cette facilité de langage est un abus, laissant entendre que tout un chacun a utilisé le même itinéraire, usé de la même méthode, pour agir ensemble (encore un mot que je déteste, parce que l’épidémie a poussé le gouvernement à enfoncer dans nos cerveaux que nous devons tous faire la même chose au même moment, que nous avons obligation d’imiter servilement nos voisins afin d’écarter le virus que vous savez).

En somme, et une fois de plus, il n’est pas bon de parler comme tout le monde et de redouter de se singulariser.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

F
Vous prêtez trop d'attention/intention au champs lexical des marchands du temple. Vu que ce sont eux qui donnent le la (le là !), le fait qu'ils travestissent de manière éhontée notre langue est une chose immarcescible... Et à vomir
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Y
En réalité, je ne leur prête aucune attention. Je me contente de les railler, sachant que je ne possède aucun pouvoir.