Les flashmobs, naguère parisiens

Publié le par Yves-André Samère

Cet après-midi, j’ai regardé sur Youtube quelques flashmobs. Aux environs de l’an 2000, ils étaient assez à la mode, à Paris, mais cette vogue n’a pas tenu longtemps, alors qu’elle se poursuit dans de nombreux autres pays, où les spectateurs filment tout avec leurs smartphones.

Il faut dire que le public parisien, qui n’avait alors aucun smartphone, ne chantait ni ne dansait – je le sais puisque j’y étais presque toujours. Par exemple, au Louvre, dans le grand vestibule d’où partent les escalators qui mènent dans les trois parties du musée, au signal, nous nous laissions tous tomber à terre et faisions les morts. Au Luxembourg, nous faisions en courant le tour du bassin. Aux Tuileries, nous remplissions chacun un gobelet dans le bassin et allions ensuite verser son contenu je ne sais plus où. Devant l’église Saint-Roch, j’ai oublié pourquoi. Au Marché Saint-Honoré, où se trouvait encore le commissariat du premier arrondissement, chacun devait apporter un livre, puis l’échanger avec le livre apporté par un autre. J’avais ainsi échangé le Satiricon de Pétrone contre un roman de science-fiction, que je crois avoir toujours.

Comment savions-nous où devait avoir lieu le rassemblement ? C’est très simple : tous les amateurs recevaient une pseudo-convocation par message électronique, qui nous parvenait une fois par trimestre environ. Tout cela était très joyeux, se déroulait dans une ambiance épatante, quoique pas du tout musicale.

Mais les flasmobs à Paris ont totalement disparu. Je le regrette. On ne s’amuse plus du tout à Paris, devenue une capitale funèbre.

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