Qu’est-ce que le CIO ?

Publié le par Yves-André Samère

Qu’est-ce, au fond, que le CIO (Comité International Olympique) ? Une assemblée de sages ? Une émanation des gouvernements ? Une section des Nations Unies ?

Rien de tout ça. Fondé en 1894 par Pierre de Coubertin en vue de rétablir les Jeux Olympiques de la Grèce antique, c’est une organisation privée qui se dit « sans but lucratif », mais dont les 115 membres, hommes d’affaires, patrons, politiciens, vivent comme des nababs : palaces, voyages en première classe, grands restaurants ne leur suffisent pas, ils sont reçus partout comme des chefs d’État ou quasiment, et décident de tout, notamment de la ville qui recevra les Jeux, sans aucun contrôle de la part d’une instance supérieure, laissant ainsi entendre qu’ils ne sont pas insensibles à certaines formes amicales de pression. Hors cela, leur travail n’est pas écrasant, ils ne se réunissent qu’une fois par an, à Lausanne.

Théoriquement, ils élisent leur président pour une durée de huit ans, ce qui n’a pas empêché le prédécesseur du président actuel de rester en poste... vingt-et-un ans ! Il s’agissait alors de Juan Antonio Samaranch, totalement compromis avec le franquisme, puisqu’il a été secrétaire d’État aux Sports dès 1967, nommé par ce grand démocrate qu’était le général Franco ! La même année, il devient le président du Comité Olympique d’Espagne – ce qui montre bien à quel point les comités olympiques sont « indépendants » des pouvoirs. Au CIO lui-même, il a été vice-président entre 1974 et 1978, et succéda au président démissionnaire en 1980. Samaranch représentait admirablement le peuple, puisqu’il était marquis depuis 1982 (merci Juan Carlos !), et riche. Le sens des affaires ne lui faisait pas défaut non plus, puisqu’il a fourgué aux télévisions les droits d’exploitation des Jeux, contre une montagne de fric.

Les membres du CIO ne sont pas élus, ils sont choisis par ceux qui sont déjà membres, ce qui exclut toute intrusion d’un individu qui ne partagerait pas les vues de cet aréopage distingué.

Enfin, chaque pays participant possède son propre comité national. C’est le comité olympique français qui a interdit aux athlètes de porter le badge violemment subversif « Pour un monde meilleur ». Ceux-ci en ont été pour leurs pieds. Bien fait, ils n’avaient qu’à se mêler de ce qui les regardait.

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