Politologues

Publié le par Yves-André Samère

Les radio-télés ont la fâcheuse habitude de convier dans leurs studios ces zozos qui se baptisent eux-mêmes « politologues ». Or la politologie, c’est comme la psychanalyse, ses praticiens sont avant tout des virtuoses de l’auto-validation : ils sont compétents s’ils décident qu’ils le sont. Moyennant quoi, les élections nous donnent l’occasion de les admirer dans leurs activités, qui consistent à prédire, avant, comment les Français vont voter, puis, après, à nous expliquer pourquoi les Français n’ont pas voté comme prévu. En toute logique, on devrait classer les politologues parmi les comiques. Involontaires.

Ce matin, France Inter avait convié une brochette de ces artistes. Il va sans dire qu’un être humain normal n’écoute ce type d’émission que d’une oreille distraite, tout comme on lit certains écrits d’un derrière distrait (merci Jeanson), mais j’ai tout de même perçu cette perle : l’impopularité actuelle de Sarkozy viendrait de ce que nous désapprouvons sa méthode, mais pas sa politique.

Admirable ! À cela près que c’est exactement le contraire. La plupart des Français se foutent bien que le nain de l’Élysée possède des goûts de luxe et se vautre dans la vulgarité ; en revanche, ils ne goûtent guère que sa POLITIQUE favorise les riches, notamment via le bouclier fiscal, et ne cesse de matraquer les pauvres et les faibles.

Comme il fallait s’y attendre, le journaliste qui invitait ces énergumènes, le très satisfait de lui-même Nicolas Demorand, est resté fidèle à sa ligne de conduite, qualité qui lui garantit un long séjour à ce poste : il n’a pas relevé la bourde. Il y a des jours où l’on regrette Yves Mourousi, qui n’avait pas peur d’user de son impertinence naturelle.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 24/04/2008 19:14

Ces grands penseurs imaginent que les français sont incapables de juger par eux mêmes, et qu'ils ne sont attirés que par les miroirs aux alouettes. Ce que pense d'ailleurs l'équipe Sarko avec la poudre aux yeux de la campagne électorale et de ses premiers mois de gouvernement.
Cela s'appelle du mépris.

Yves-André Samère 25/04/2008 08:31


Plus prosaïquement, cette activité bidon leur procure de l’argent.