Ils nous ont libérés ?

Publié le par Yves-André Samère

C’est toujours agaçant d’entendre ou de lire que les soldats venus des États-Unis en 1944 nous ont libérés parce qu’ils voulaient défendre notre liberté, et non la leur. En tout cas, c’est ce qu’a dit Sarkozy lors de son voyage aux États-Unis, à l’automne dernier. Or c’est largement une erreur historique.

Observons d’abord que les troupes de l’oncle Sam ont perdus 293 000 soldats en Europe, quand celles de Staline ont laissé sur le carreau 13 700 000 tués. Mais passons sur ce détail, comme dirait qui vous savez.

Observons aussi que l’armée des États-Unis n’est pas entrée en guerre avant Pearl-Harbor, le 7 décembre 1941, alors que l’Europe était en guerre depuis un an et demi. Autrement dit, rien ne prouve qu’elle serait intervenue dans la lutte si elle n’avait pas été attaquée ! Merci aux Japonais.

Enfin, le seul souci de NOTRE liberté n’a pas pesé lourd face à cette autre considération, dont on ne parle jamais : les navires états-uniens étaient régulièrement coulés par les sous-marins nazis dans l’Atlantique. Et, sur le sol même des États-Unis, les nazis multipliaient les sabotages, notamment dans les ports. Là encore, on peut se demander si l’objectif de se défendre contre les nazis n’a pas prévalu sur les bons sentiments.

Il existe au moins deux films d’Hitchcock traitant de ces sujets. Le premier est Saboteur, en 1942, qui traite des sabotages nazis à New-York, et le second, Lifeboat, en 1943, qui montre l’aventure de quelques passagers d’un paquebot des États-Unis coulé par un sous-marin allemand, qui se retrouvent dans un canot de sauvetage sans avoir aucune notion de navigation.

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