Vive le pétrole cher !

Publié le par Yves-André Samère

Et si l’augmentation du prix du pétrole n’était pas une mauvaise chose ? Bien sûr, les pêcheurs vont réduire leur activité, les transporteurs aussi. Mais on ne va pas sangloter si le transport aérien, par exemple, réduit son activité : il n’est pas absolument nécessaire que tant de gens aillent passer leurs vacances aux Seychelles. On ne va pas sangloter non plus si les pêcheurs pêchent moins : en quelques années, cette profession a réussi à faire disparaître un bon nombre des espèces qui peuplaient les océans. Écoutez Isabelle Autissier : « En trente ans d’exploitation intense et anarchique, de gabegie et de gestion aveugle de la mer et des fleuves, [...] les hommes ont mis en danger d’extinction le quart des espèces marines, et exploitent à leurs limites une autre moitié – c’est la très prudente FAO, l’organisation mondiale de l’agriculture, qui le dit. Or, comme nous continuons à faire n’importe quoi, eh bien, la pêche mondiale va dans le mur à brève échéance. [...] Requins, merlans, thons rouges ont été détruits à plus de 80 %. [...] Et passées sous un certain seuil, les espèces, même si on les laissait tranquilles, ne peuvent plus se reconstituer. Nous risquons donc de faire le vide pour toujours dans l’océan. [...] Dans les prochaines années, il y aura de moins en moins de poissons, de moins en moins de pêcheurs et de nourriture pour les hommes ». Conclusion : qu’on laisse les pêcheurs vider la mer de ses habitants, et la pêche s’arrêtera d’elle-même dans quelques dizaines d’années.

Au fond, toute cette activité débridée qu’on a encouragée dans tous les domaines ne visait qu’à un seul but, employer le plus de monde possible et à tout prix (on n’a jamais vendu autant de bagnoles, jamais autant vanté leur caractère indispensable). Réduire le chômage, peut-être. L’ennui est que les hommes ont mis la planète dans un tel état, que l’espèce humaine elle-même est en voie de disparition, faute de ressources naturelles. Alors, les hommes auront le chômage ET la mort.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

U
Il est clair que l'homme à fait plus de mal "à la planète" en à peine un siècle que dans toute l'histoire de l'humanité. Et les quelques personnes qui souhaitent inverser la tendance sont pris pour des illuminés ou des terroristes.
J'espère un avenir meilleur, surtout pour les enfants qui arrivent, mais c'est quand même un constat pessimiste que nous ne pouvons que relever...
Répondre
Y

Nul ne fait quoi que ce soit, chez les responsables, hormis prononcer quelques bonnes paroles qui n’engagent à rien. Et si on précipitait la calamité annoncée, histoire de rigoler un peu avant le
bouquet final ?


D
C'est scier la branche sur laquelle on est assis. Sans oublier que les pêcheurs rejettent à la mer 50 % des poissons dont ils ne veulent pas, tant pis s'ils sont morts. Un énorme gâchis, sans oublier les filets dérivants et la tuerie sotte des baleines ou des requins.
On pourrait faire le même constat pour les forêts tropicales, la mangrove protectrice des rivages, les insectes décimés, la liste est longue.
Répondre
Y

C’est ce qu’a dit également Isabelle Autissier. Je n’ai pas recopié l’intégralité de sa chronique, mais elle est très bien (la chronique. Pour Isabelle, je ne la connais pas).

On peut la télécharger (toujours la chronique) sur le site de France Inter.