Comment être dictateur homologué

Publié le par Yves-André Samère

Vu en librairie un ouvrage intitulé Le guide suprême, et sous-titré Petit dictionnaire des dictateurs. L’idée n’est pas mauvaise, mais, en feuilletant le bouquin, on peut concevoir quelques doutes quant à la pertinence des critères adoptés par l’auteur pour définir un dictateur.

Le sommaire comprend une petite cinquantaine de noms, la plupart incontestables. Mais il y a des oublis curieux. J’ai ainsi relevé l’absence de Félix Houphouët-Boigny, ancien président de Côte d’Ivoire, quasiment à vie puisqu’il n’admettait aucun candidat contre lui à l’élection présidentielle, qui avait lieu tous les cinq ans, sous le régime du parti – donc du candidat – unique. Sauf lors de la dernière élection avant sa mort, en 1990, où Laurent Gbagbo, président actuel, put se présenter contre lui sous la pression de Mitterrand... mais vit sa candidature annulée en cours de campagne électorale, pour un motif financier découvert miraculeusement à ce moment.

Et puis, surtout, aucune mention de Hassan II, le tyran marocain, celui qui envoya toute la famille Oufkir au bagne, sans aucun jugement, sans donner le moindre prétexte, et sans tenir compte que le membre le plus jeune de la famille, Abdellâtif, avait... trois ans et demi. Ce dangereux criminel (je parle d’Abdellâtif) est resté incarcéré jusqu’à son évasion, à dix-huit ans ! Avant d’être repris et renvoyé en taule pour trois ou quatre ans supplémentaires.

Mais il faut croire qu’Houphouët-Boigny et Hassan II n’étaient nullement des dictateurs. Leurs procédés le prouvent.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :