Empilement du crédit

Publié le par Yves-André Samère

Claude Allègre a estimé que la crise financière actuelle était due à « l’empilement du crédit » aux États-Unis, et, comme chaque fois qu’Allègre s’exprime, les ricaneurs se sont déchaînés devant cette image. Or il se trouve que, non seulement elle n’était pas absurde, mais qu’elle décrivait assez bien le mécanisme.

Les cartes de crédit aux États-Unis n’ont rien à voir avec les cartes de crédit en Europe. Chez nous, les cartes bleues et leurs homologues nécessitent que vous possédiez l’argent que vous dépensez, ou que cet argent soit disponible au plus tard à la fin du mois. De sorte que, quand vous payez avec une carte bleue, soit elle est dite « à paiement immédiat », et votre compte est débité immédiatement, soit elle est dite « à paiement différé », et votre compte est débité à la fin du mois – autrement dit, lorsque vous avez touché votre salaire.

Aux États-Unis, rien de tout cela. Des sociétés privées comme American Express vous proposent des cartes de crédit sans se soucier du fait que vous soyez solvable ou pas. Si vous vous endettez, une autre société de crédit est toute prête à vous délivrer une autre carte de crédit, avec laquelle vous pouvez régler votre dette auprès de l’organisme qui vous a délivré la précédente carte. C’est une course sans fin. Le fameux empilement du crédit dont parlait Allègre.

Mais alors, d’où vient l’argent qu’on vous prête en vous permettant de payer avec une carte ? Il est emprunté par l’organisme prêteur, qui est donc lui aussi endetté, tout comme vous ! Au bout de la chaîne, les banques qui prêtent cet argent utilisent les dépôts faits par leurs clients argentés, souvent des pays étrangers, le Japon ou les pays pétroliers. Inévitablement, tout cela repose sur la confiance que les créanciers font aux banques, mais s’ils n’ont plus confiance et réclament de récupérer leurs billes, tout s’effondre, car personne n’est capable de rembourser, pas plus les sociétés de crédit que les citoyens endettés.

Ce merveilleux système est propre aux États-Unis, ce qui prouve comme ces gens sont géniaux. On fait bien de les imiter en tout.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Un des plus gros créanciers des Etats-Unis est la Chine...
Rien n'est derrière nous : beaucoup d'entreprises vivent de rachat d'abonnements (téléphonie, assurances, télésécurité, etc.). Comme les banques ne vont plus racheter ces dossiers par manque de liquidités...
On a préféré la finance aux hommes et à leur capacité de production. Ben voilà.
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