Arnaque légale

Publié le par Yves-André Samère

L’une des plus belles arnaques utilisées par les artisans, et qui est un encouragement vigoureux en direction du travail au noir, c’est la tarification à l’heure entière. Traduction : qu’un artisan ait travaillé chez vous vingt minutes, ou cinq minutes, ou trente secondes (je n’exagère pas, vous allez voir), l’heure de travail commencée est considérée comme entière, et vous payez le maximum.

Ainsi, chez moi, un tube fluorescent dans ma cuisine ne s’allumait plus. Un tube neuf ne donnait rien non plus, donc la panne venait d’ailleurs. Je téléphone à une entreprise, l’Abbatiale du Bâtiment - Compagnons Franciliens, 9 rue Bertin-Poirée, 75001 Paris. On m’envoie un ouvrier-artisan, qui détecte la panne au premier coup d’œil : un « starter » défectueux (il s’agit d’une petite pièce chargée de donner une étincelle qui allumera le gaz rare contenu dans le tube). Changement de la pièce : moins de vingt secondes. Et tout fonctionne à merveille. Certes, j’aurais été capable de le faire moi-même... mais la pièce n’est pas dans le commerce ! Une forme de protectionnisme, et il n’y a pas que Monsanto et ses semences obligatoires et utilisables une seule fois...

Passage à la douloureuse. L’ouvrier, embarrassé, téléphone à son patron pour savoir ce qu’il doit me faire payer pour ce travail harassant. Réponse du patron : les vingt secondes comptent pour une heure. Prix : cent euros ! (La pièce fournie est si bon marché que l’ouvrier n’en parle même pas et m’en laisse une deuxième, « en cas »).

J’ai raté ma vocation, j’aurais dû me faire artisan-patron. Et pour la prochaine fois, on s’assiéra sur la règlementation ; au lieu de faire un chèque, je proposerai à l’ouvrier un paiement en espèces, par exemple un billet de dix ou vingt euros, dont le patron ne saura rien.

Et naturellement, je choisirai une autre entreprise.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Vous avez raison. Mais le travail fait chez vous, changer une prise et un interrupteur, a sans doute duré beaucoup plus longtemps. Chez moi, l’ouvrier n’a eu qu’à dévisser la pièce et à en insérer
une autre. Comme je l’ai précisé, vingt secondes de « travail », et c’est le déplacement que j’ai payé.

J’ai surtout insisté sur le fait que, cette pièce que j’aurais été capable de changer moi-même, elle n’est pas dans le commerce. Il y a donc une forme de vente forcée.

Cela dit, le tarif qu’on vous a appliqué est évidemment abusif. Dans un pareil cas, on saisit les associations de consommateurs. Tout n’est pas permis, et une convention décidée en interne par une
corporation n’a pas de valeur légale : la loi est au-dessus.
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E
Monsieur Samère, je réagis à votre article très intéressant. Ceci étant vous n'avez payé QUE 100euro et je pense que vous avez eu beaucoup de chance de tomber sur cette entreprise qui n'a pas l'air
si merdique que ca car pour ma part j'ai appelé une autre entreprise d'électricité que la votre et j'ai payé 880euros pour des petits travaux d'électricité !!!!! 1 prise défectueuse et 1
interrupteur enfin rien de bien méchant, j'ai eu la même surprise que vous pour la main d'oeuvre j'ai donc contacté ensuite la dgcrf qui m'expliquait que c 'est un procédé normal propre à la
"corporation du bâtiment". Ensuite j'ai rappelé l'entreprise pour négocier le tarif payé car j'avais accepté un peu dans la panique le devis proposé et j'ai obtenu un bien maigre remboursement donc
Monsieur Samere estimez vous heureux d'avoir payé 100e ! bien à vous. Emilie
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