Un président d’extrême droite

Publié le par Yves-André Samère

Les cinéphiles connaissent tous Claude Autant-Lara, grand réalisateur français, auquel on doit notamment La traversée de Paris et L’auberge rouge, qui passent assez souvent à la télévision. L’amusant chez Autant-Lara, c’est qu’il a commencé avec des films de gauche comme Douce, et qu’il a fini à l’extrême droite ! La vieillesse est un naufrage, comme disait De Gaulle à propos de Pétain – mais ça s’appliquait aussi bien à lui-même, témoin son fameux « Vive le Québec libre ! ». Autant-Lara s’est ainsi déshonoré en s’en prenant laidement à Simone Veil, ce qui lui a valu un mépris unanime.

Mais on sait peu qu’Autant-Lara a été député européen. Or, en sa qualité de doyen du Parlement européen, il lui est arrivé de le présider, en juillet 1989. En effet, la première session du Parlement nouvellement élu, qui n’a donc pas encore de président, est traditionnellement présidée par le député le plus âgé, et c’était le cas d’Autant-Lara. Détail comique, on va élire un nouveau Parlement en juin, et, à moins qu’on élise un homme encore plus âgé, c’est... Le Pen qui sera le député le plus âgé en juillet, date de la première session !

En somme, l’Histoire se répète.

Comme cette affaire provoque pas mal de remous, on cherche un biais pour éloigner Le Pen du perchoir, et c’est le président du groupe socialiste allemand, Martin Schulz, qui est le plus actif pour tenter de contrer l’évènement. Ce qui donne à Le Pen l’occasion unique de dénoncer le « racisme francophobe »... des Allemands ! On meurt de rire.

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