Acquittement de Jacques Viguier

Publié le par Yves-André Samère

Jacques Viguier a été acquitté, heureusement, car son procès était absurde.

Sa femme Suzanne a disparu le 27 février 2000, à Toulouse. Elle avait été raccompagnée au domicile conjugal par son amant. Disparition volontaire ? Nul ne le croit, et pourtant... Son existence était devenue pénible, disent certains, parce que son mari Jacques Viguier, aujourd’hui âgé de 51 ans, professeur agrégé de droit, la trompait avec ses étudiantes. Certes, mais elle lui rendait la politesse !

Neuf ans plus tard, on juge le mari, alors qu’il n’y a pas de corps, pas de mobile, pas de preuve. Son inculpation le 11 mai 2000 et sa mise en détention provisoire n’avaient abouti qu’à une mise en liberté le 15 février 2001. Mais, le 5 janvier 2005, on l’estime passible de la cour d’assises pour homicide volontaire (pas pour assassinat, qui implique la préméditation), et son procès a commencé le 20 avril dernier, sans que l’enquête ait produit autre chose de plus sérieux qu’une sombre histoire de matelas brûlé qui ne prouve absolument rien. Seulement voilà, comme Christian Ranucci devant ses juges, Viguier n’est pas diplomate : il se montre vindicatif à l’égard des policiers qui enquêtent sur lui. À l’audience, durant son réquisitoire, l’avocat général déclare qu’il « sait » que Viguier a tué sa femme, mais ne justifie pas son intime conviction. On a été jusqu’à reprocher à Viguier son goût pour les films d’Alfred Hitchcock, ce qui m’inquiète beaucoup puisque j’ai les mêmes goûts !

Par chance, les jurés n’ont pas la même mentalité, et sont sensibles à l’absence de preuves : ils acquittent Viguier en quatre heures.

Une histoire aussi ridicule ne pourrait pas arriver en Grande-Bretagne. Là-bas, pas de cadavre, pas de crime !

Et si Suzanne Viguier avait monté toute cette histoire pour faire accuser son mari ? Malgré les difficultés, l’hypothèse n’a rien d’invraisemblable, elle a déjà servi pour des romans policiers (dont un qui s’intitulait en français Une dent contre lui, en anglais The tooth and the nail, de Bill Ballinger, en 1955).

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Les jurés ont eu du courage. Un ami avocat me racontait que lors d'un délibéré, le magistrat qui menait les débats a averti les jurés "si vous l'acquittez, vous vous rendez compte ce que l'Etat aura à payer ?". C'est un juré qui a rapporté cela à l'avocat. Le mec a été acquitté.
Le mari de la femme du casino du Ruhl (dont j'ai oublié le nom) a eu moins de chance. Pas de cadavre, mais coupable. Une aberration.
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Y

L’État aurait fait des économies en ne poursuivant pas.
La fille de la propriétaire du Ruhm s’appelait Agnès Le Roux. Encore de l’erreur judiciaire dans l’air.