L’honneur des journalistes français

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin sur France Inter, Edwy Plenel, ancien du « Monde » et pilier du site Mediapart. Les auditeurs téléphonent comme chaque jour pour poser des questions. Je ne pose plus de questions dans cette émission, pas plus que dans les autres, depuis que j’ai compris que les auditeurs n’ont pas vraiment la parole. Ils sont seulement admis à répéter la question qu’ils ont dictée au standardiste dans l’heure qui précède – au point qu’on se demande à quoi cela sert de leur ouvrir le micro ensuite –, et gare s’ils osent en modifier le contenu : le meneur de jeu ironise alors lourdement sur leur « déloyauté » qui les incite à « s’avancer masqués ».

C’est la raison pour laquelle je ne tiendrai jamais au micro de France Inter les propos suivants : « Pourquoi les journalistes français sont-ils aussi obséquieux envers les politiques ? Pourquoi, lorsqu’un homme politique, devant une question gênante, s’embarque dans une interminable tirade qui commence par “Je voudrais dire d’abord” et répond à côté, pourquoi n’est-il jamais interrompu par l’intervieweur à seule fin d’être ramené à la question qu’il élude ? En Angleterre, rappelle Bruno Masure, il est arrivé qu’un journaliste pose DOUZE fois la même question à un homme politique qui jouait les sourds ! Pourquoi, lorsqu’un ministre ment effrontément, par exemple en affirmant que jamais en France on n’a poursuivi qui que ce soit pour avoir aidé un immigré clandestin – ne serait-ce qu’en rechargeant la batterie de son téléphone mobile –, pourquoi le journaliste ne lui coupe-t-il pas la parole pour lui mettre le nez dans ses déjections ? Pourquoi, lorsque le président de la République, en pleine conférence de presse, raille lourdement un confrère qui ne peut pas répondre parce qu’on lui a enlevé le micro, pourquoi ces journalistes rient-ils servilement aux railleries du prince, au lieu de se lever comme un seul homme et de quitter la salle ? Et pourquoi, histoire pour moi d’employer un mot ridiculement démodé, pourquoi les journalistes français ont-ils jeté aux orties leur HONNEUR ? »

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