Abondance de pères ne nuit pas

Publié le par Yves-André Samère

Lorsque De Gaulle régnait chez nous, ses partisans, qu’on surnommait alors « les godillots », gémissaient en évoquant sa disparition à venir : ce serait soudain en France, disaient-ils, le vide politique. À quoi il avait rétorqué, en conférence de presse, que ce ne serait « pas le vide, mais plutôt le trop-plein ». De Gaulle avait bien des défauts, pas ceux de notre empereur actuel, mais en compensation il avait de l’esprit.

Eh bien, le trop-plein, la jeune Zohra Dati risque elle aussi de le connaître. Mais elle, ce sera un trop-plein de pères. Après François Sarkozy, frère de l’autre, après Arthur, après José Maria Aznar, ancien Premier ministre d’Espagne, après Ali Bin Fetais am-Marri, procureur général au Qatar, après François-Henri Pinault (si l’on en croyait « The Sun »), après Henri Proglio, ex-patron d’EDF, après évidemment Bernard Laporte, éphémère secrétaire d’État au Sport et vedette d’un spot de pub pour du jambon (horreur, pour une musulmane !), voilà-t-il pas que la mythique paternité a été revendiquée par... deux détenus de la centrale de Poissy !

En clair, Alfredo Stranieri, 54 ans, et Germain Gaiffe, 43 ans, avaient, en septembre 2010, envoyé chacun à Rachida Dati une lettre, accompagnée d’une « déclaration de paternité», lettre dans laquelle ils se prétendaient, séparément on l’espère, le père de l’enfant, et exigeaient un droit de visite.

Conformément à son comportement habituel, madame Dati a porté plainte. Elle s’estimait « menacée », là encore ? Il va sans doute falloir un greffier spécialement affecté à cette tâche, recevoir les plaintes de Rachida. Mais gare au surmenage !

Les deux géniteurs (très) présumés sont déjà passés devant un tribunal, ce qui prouve bien, par exemple à la famille Seznec, que la Justice de notre pays n’est pas si lente qu’on le dit ; mais le premier procès a été renvoyé pour des raisons aussi sérieuses que celles qui ont fait reporter le procès de Chirac : l’un des pères putatifs avait obtenu, la veille, l’aide juridictionnelle qu’il sollicitait, et un troisième larron s’est porté partie civile, sous le prétexte qu’il serait... le parrain de l’enfant ! Le parrain d’une musulmane, j’adore ces petits détails qui font vrai. Quant à la patience des juges, qui retiennent ce genre de plainte, elle fait mon admiration. Vous le voyez bien, que la Justice française ne manque ni de temps, ni d’argent !

On rapporte que Germain Gaiffe a inscrit l’expression « Père de Zohra » sur sa poitrine et qu’il a fait admirer cette œuvre d’art au tribunal. Auparavant, c’est sur sa veste de survêtement qu’il avait fait figurer, en lettres dorées, la même inscription, mais il a accusé le procureur de Versailles de la lui avoir fait voler en prison – ce qu’on imagine très bien –, et a qualifié ce vol de « pratique de nazi ». Tout le monde sait, en effet, que les nazis passaient leur temps à voler des vestes de survêtements à leurs prisonniers.

La suite lors du second procès, le 20 juin. On espère que ce ne sera pas la fin ! Cette affaire fait tant honneur à la réputation de ce cher et vieux pays...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
<br /> Madame R. DATI est coincée : elle a tellement fait de soi-disant secrets sur la paternité de sa fille, que si elle annonce finalement que c'est Alain Durand, un illustre inconnu, le père, elle aura<br /> l'air fin. Ce qui doit être le cas.<br /> Brrr, bientôt, cela va être l'histoire du masque de fer, ce truc.<br /> <br /> <br />
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