Affaire privée ?

Publié le par Yves-André Samère

Ce n’est pas d’aujourd’hui que j’éprouve le plus ardent mépris pour la mère de Térébentine Duflot. Cette petite chefaillonne du parti écologiste a mis dans sa poche ses convictions écolos en échange d’un poste de ministre, fait fuir Eva Joly et Noël Mamère, et, tout en restant à la tête de son clan, a fait nommer à sa place un obscur figurant dont personne n’a retenu le nom, mais qui doit être bien docile, pour avoir accepté la situation.

Enfin ministre et accrochée à son poste envers et contre tout – puisque opposée au Premier ministre sur bien des points –, la donzelle s’est vite rendue odieuse par la rapidité avec laquelle elle a assimilé la fameuse langue de bois que nous apprécions tant chez nos hommes politiques. Et elle en a encore donné un exemple ce matin sur France Inter. Interrogée par Patrick Cohen sur la conférence de presse qu’Hollande doit faire cet après-midi, et questionnée sur le sort de l’ex-maîtresse officielle Valérie Trierweiler, elle répond d’un laconique « Affaire privée ». Cohen insiste : mais, tout de même, cette prétendue première dame dispose de bureaux au palais présidentiel, elle a cinq collaborateurs à sa disposition, qui sont rétribués sur les fonds publics, et elle participe aux voyages officiels de son président et ex-compagnon – le prochain est prévu, pour les États-Unis –, voyages durant lesquelles on la présente comme une « première dame » (sic). Mais l’invitée, ancienne écologiste et nouveau clone de Jean-François Copé, s’accroche à son mutisme, c’est une affaire privée, elle n’en dira pas un mot.

Eh bien non, ce n’est pas une affaire privée. Madame Trierweiler joue un rôle public, travaille avec de l’argent public, et intervient en politique. Notamment, on n’a pas oublié qu’au cours de la campagne électorale pour les législatives, l’année dernière, elle avait savonné la planche de son ancienne rivale dans le lit d’Hollande, celle-là même qui se présentait à la députation à La Rochelle contre un autre candidat socialiste. Par un tweet hypocrite en faveur de cet autre candidat, et dont on voyait bien le motif qui l’inspirait, elle avait participé à la défaite de sa rivale, qui a bel et bien été battue politiquement.

Donc Valérie T. n’est plus une personne privée. Par conséquent, on a le droit de poser à Hollande des questions qui seraient simplement restées indiscrètes s’il n’avait pas eu la bêtise de mettre en avant sa maîtresse du moment. Pour un homme réputé intelligent, il n’est pas à la hauteur de sa réputation, il voulait être l’anti-Sarkozy, il parvient à le surpasser dans la déconsidération de sa fonction. On ne lui reproche pas d’avoir des aventures, mais au moins, qu’il laisse ses conquêtes chez elles et n’implique pas les services officiels de protection pour lui apporter des croissants au petit matin lorsqu’il va les visiter. Ses quatre prédécesseurs, Giscard, Mitterrand, Chirac et Sarkozy (De Gaulle et Pompidou étaient irréprochables sur ce plan), en ont assez fait, inutile de les imiter.

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